
À l’approche des élections du 8 février 2026, la question de la dette des ménages s’impose comme le terrain de bataille central. Avec un endettement équivalent à 86,8 % du PIB, les foyers thaïlandais voient leur pouvoir d’achat s’éroder, poussant les grands partis à rivaliser de propositions pour séduire les électeurs les plus vulnérables.
Le Pheu Thai mise sur un plan global baptisé Thai Rai Jon. Il prévoit l’effacement des petites créances en souffrance, la suppression des dettes des retraités auprès des institutions publiques, ainsi qu’un moratoire de trois ans pour les agriculteurs et d’un an pour les PME touchées par la crise du Covid. Le parti promet aussi de s’attaquer aux dettes informelles, gérées par les usuriers, en offrant des prêts à faible taux d’intérêt.
Le People’s Party veut réformer en profondeur la gestion de la dette avec son projet Thai Thao Kan. Il propose d’effacer une partie des dettes des agriculteurs âgés de plus de 70 ans ayant de bons antécédents de remboursement. Le parti prévoit aussi des réductions de dette pour encourager les paysans à changer de cultures. Il souhaite créer un nouveau système de notation de crédit basé sur les paiements de factures (eau, électricité, téléphone) plutôt que seulement sur l’historique des dettes. Enfin, il promet des récompenses pour les bons payeurs, comme des rabais d’intérêts ou des taux réduits sur de futurs prêts.
De son côté, Bhumjaithai avance le programme Pood Laeo Tham Plus. Il promet un moratoire de trois ans sur les dettes formelles jusqu’à un million de bahts, avec prise en charge des intérêts par l’État. Le parti veut aussi créer une société publique de gestion d’actifs pour absorber les créances douteuses et faciliter leur restructuration, tout en offrant des prêts d’urgence sans garantie.
Enfin, le Parti démocrate privilégie des mesures légales sans coût budgétaire direct. Il propose de permettre aux membres des fonds de prévoyance et de pension d’utiliser leur épargne pour rembourser leurs crédits immobiliers avant la retraite. Il souhaite aussi transformer plus de 2 000 coopératives d’épargne en une véritable banque coopérative, capable de gérer efficacement des milliers de milliards de bahts. Le parti insiste sur la discipline financière et refuse les moratoires généralisés.
Au-delà des promesses, les électeurs devront juger de la viabilité de ces plans. Car si l’effacement des dettes peut soulager à court terme, la question reste de savoir si ces mesures permettront de s’attaquer aux causes profondes d’un endettement qui fragilise durablement l’économie thaïlandaise.



