Famille décimée à Nakhon Sawan
La campagne de sécurité routière du Nouvel An 2026 en Thaïlande a montré des signes encourageants, mais les drames restent nombreux. Selon le Road Safety Operations Centre (RSOC), le bilan des sept jours de surveillance intensive, du 30 décembre 2025 au 5 janvier 2026, fait état de 1 511 accidents, 1 464 blessés et 272 morts. Ces chiffres, annoncés le 6 janvier par le Département de la prévention et de l’atténuation des catastrophes (DDPM), sont en baisse par rapport à l’année précédente.
Les autorités attribuent cette amélioration aux efforts conjoints des administrations provinciales, de la police, des bénévoles et des communautés locales. Le thème de la campagne – « Conduite prudente, vitesse réduite, accidents réduits » – a permis de sensibiliser les automobilistes. Pourtant, les comportements à risque persistent : la vitesse excessive reste la première cause d’accidents (près de 40 %), suivie des changements de voie brusques. Les motos sont impliquées dans plus des deux tiers des cas, souvent sur des routes droites et fréquentées.
Les statistiques révèlent aussi des disparités régionales. Phuket a enregistré le plus grand nombre d’accidents (55) et de blessés (58), tandis que Bangkok a déploré le plus de morts (22), ce qui s’explique par l’importante population de la ville. À l’inverse, cinq provinces n’ont signalé aucun décès, preuve que des politiques locales efficaces peuvent faire la différence.
Mais derrière ces chiffres globaux, des drames humains rappellent la fragilité de la situation. Le 5 janvier, un accident sur la route Phahonyothin, dans la province de Nakhon Sawan, a coûté la vie à quatre membres d’une même famille. Leur pick‑up, de retour des festivités, a percuté un camion à six roues qui avait dévié de sa voie. Le conducteur et une de ses filles ont survécu, mais son épouse, deux autres enfants et un neveu sont morts sur le coup.
Parallèlement, la lutte contre l’alcool au volant reste un défi majeur. Le Département de probation a recensé près de 4 000 affaires en six jours, dont plus de 94 % liées à la conduite en état d’ivresse. Nonthaburi, Bangkok et Samut Prakan figurent parmi les provinces les plus touchées. Si le nombre de cas a diminué par rapport à l’an dernier, l’ampleur du phénomène continue de peser lourdement sur les forces de l’ordre.
Les autorités promettent de maintenir la vigilance tout au long de l’année, notamment lors du festival de Songkran, période traditionnellement marquée par une recrudescence des accidents. Les fonds dédiés à la sécurité routière serviront à financer équipements, signalisation et campagnes de sensibilisation.
Ainsi, si les routes thaïlandaises montrent des signes d’amélioration, elles restent le théâtre de trop nombreux drames. La baisse des statistiques ne doit pas masquer la réalité : les routes thaïlandaises restent parmi les plus dangereuses du monde.



