Satish Dhawan
Le 12 janvier, la Thaïlande a connu un revers majeur dans son ambition spatiale. Son satellite d’observation de la Terre THEOS-2A n’a pas atteint l’orbite prévue, en raison d’une anomalie détectée 380 secondes après le décollage de la fusée indienne PSLV-C62 depuis le centre spatial Satish Dhawan, à Sriharikota, un peu au nord de Chennai. Le problème survenu au troisième étage a perturbé la trajectoire et empêché l’ensemble des satellites embarqués d’être correctement déployés.
La Geo-Informatics and Space Technology Development Agency (GISTDA) a confirmé l’échec en direct, tout en rappelant que de tels incidents ne sont pas rares dans les missions spatiales. L’agence collabore désormais avec l’ISRO, l’agence spatiale indienne, pour analyser les données et comprendre les causes exactes. Malgré ce revers, GISTDA insiste sur la poursuite de son programme, avec déjà THEOS-3 en préparation.
THEOS-2A devait jouer un rôle clé dans la planification urbaine, la gestion des catastrophes, l’agriculture et la surveillance environnementale. Plus de vingt ingénieurs thaïlandais ont participé à sa conception, en partenariat avec Surrey Satellite Technology Ltd., filiale britannique d’Airbus. Cette coopération illustre la volonté de la Thaïlande de renforcer ses compétences locales et de s’inscrire dans la chaîne de valeur spatiale mondiale.
Ce projet s’inscrit dans une continuité : le premier satellite THEOS-1 avait été lancé en 2008, avec un soutien technique d’Astrium, devenu Airbus Defence and Space. THEOS-1 et THEOS-2 avaient été lancés par Ariane Espace depuis Kourou.
Depuis, la Thaïlande entretient des liens étroits avec le groupe européen, notamment via Arianespace, qui a assuré plusieurs lancements de satellites thaïlandais par le passé. Ces collaborations ont permis au pays de bénéficier d’un transfert de savoir-faire et d’une intégration progressive dans l’écosystème spatial international.
L’échec du lancement en Inde souligne toutefois la dépendance de la Thaïlande aux lanceurs étrangers, qu’ils soient indiens ou européens. Il met en lumière la nécessité pour Bangkok de diversifier ses partenariats et de renforcer ses capacités internes, afin de réduire les risques liés aux aléas techniques.
Pour les experts, l’incident ne remet pas en cause la stratégie de long terme : la Thaïlande veut devenir un acteur reconnu dans l’observation terrestre, un domaine crucial pour anticiper les catastrophes naturelles, gérer les ressources agricoles et accompagner le développement urbain. Les liens historiques avec Airbus et Arianespace, combinés à la coopération actuelle avec l’ISRO, montrent que le pays s’appuie sur un réseau international solide pour poursuivre son aventure spatiale.



