
À l’approche des élections générales, trois grands partis thaïlandais – People’s Party, Démocrate et Pheu Thai – ont annoncé leur intention de reclasser le cannabis comme stupéfiant, limitant son usage strictement aux fins médicales. Cette position commune intervient alors que le débat sur la légalisation divise la société et inquiète les acteurs du tourisme.
Lors d’un forum organisé par l’Association of Thai Travel Agents (Atta) et la Thai Hotels Association (THA), intitulé « Thai Tourism: What to Do Next? », les représentants politiques ont détaillé leurs propositions. Pour Sittiphol Viboonthanakul, candidat du People’s Party, « le cannabis doit être considéré comme une drogue. Son usage médical doit être encadré par des autorisations claires afin de protéger la population ».
Le Pheu Thai, par la voix de Surakiat Thienthong, a confirmé maintenir sa ligne : pas de légalisation, uniquement un usage médical encadré. Le Parti Démocrate, représenté par Werapong Prapha, a souligné les problèmes créés par la légalisation, notamment pour les visiteurs étrangers qui rapportent ces produits chez eux. Selon lui, la question est devenue un sujet diplomatique, en particulier en Europe, où des parlementaires pressent la Thaïlande de clarifier sa position.
En creux, on comprend que le Bumjaithai, qui a insisté pour la dépénalisation du cannabis il y a quelques années, n’a pas participé au débat.
Tourisme et concurrence déloyale
Au-delà du cannabis, les opérateurs touristiques ont dénoncé les difficultés liées à la concurrence. Le président de la THA, Thienprasit Chaiyapatranun, a rappelé que les hôtels enregistrés supportent des coûts élevés pour respecter les normes de sécurité, tandis que des condos illégaux sont proposés en ligne sans contraintes. Il a aussi pointé les commissions de 20 à 30 % imposées par les grandes plateformes de réservation, bien supérieures aux 15 % pratiqués en Europe.
Le président de l’Atta, Thanapol Cheewarattanaporn, a insisté sur la faiblesse de l’application des lois. Les pratiques de sociétés « grises » appartenant à des étrangers siphonnent une part importante des revenus du secteur. Sittiphol a estimé que 20 à 30 % des recettes touristiques échappent aux opérateurs locaux, et a promis que son parti agirait dans les 100 premiers jours pour bloquer ces montages et confisquer les actifs des contrevenants.
Le Parti Démocrate propose de son côté un « Super Act » destiné à moderniser la législation, réduire les obstacles pour le secteur privé et renforcer le rôle de l’État dans le soutien au tourisme.



