
Donald Trump a instauré des tarifs douaniers élevés sur plusieurs pays, ciblant notamment la Chine (34 %), l’UE (20 %) et le Japon (24 %). Il justifie ces mesures comme une réponse aux taxes perçues sur les exportations américaines, se présentant comme « très gentil » en n’imposant que la moitié des taux des « pires contrevenants ».
Les économistes alertent sur les risques de récession aux États-Unis et de guerre commerciale mondiale, les coûts des tarifs risquant de peser sur les consommateurs américains. Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, met en garde contre les représailles, craignant une escalade destructrice. Si les pays étrangers acceptaient ces mesures sans avoir le droit de les contrer, cela reviendrait à un racket de la part des États-Unis.
En Asie, le Cambodge (49 %), le Vietnam (47 %), le Myanmar (44 %) et la Thaïlande (36 %) subissent des taux élevés. Le Lesotho, en Afrique, est frappé par un tarif de 50 %, qualifié par Trump de « pays dont personne n’a entendu parler ». En résumé, Trump s’attaque aux plus faibles. Certains de ces pays qui commençaient à relever la tête pourraient ne pas s’en remettre.
La Thaïlande a donc été frappée d’un « droit de douane réciproque » de 36 % pour contrer un prétendu « droit de douane de 72 % appliqué aux États-Unis ». C’est évidemment une fake news dont le président est coutumier. Selon les économistes, ces 72 % correspondent au taux de l’excédent commercial en faveur de la Thaïlande dans les échanges avec les États-Unis.
La Première ministre thaïlandaise Paetongtarn Shinawatra annonce un « plan solide » pour contrer l’impact des tarifs, jugés plus élevés que prévu. Elle insiste sur la volonté de négocier avec les États-Unis pour protéger la croissance économique et éviter une plongée d’un PIB déjà en berne.
Les exportations thaïlandaises d’acier et d’aluminium sont déjà touchées, avec des droits passés à 25 % depuis mars. Le secteur automobile, visé par une hausse à 25 % dès jeudi, anticipe des pertes majeures. Le ministère du Commerce évalue les pertes potentielles à 7-8 milliards de dollars.
La Thaïlande envisage de réduire ses propres droits de douane et d’augmenter ses importations américaines (aliments pour animaux, soja, avions). Thai Airways et le ministère de l’Énergie planchent sur des achats ou locations d’avions et des importations d’énergie.
Les entreprises thaïlandaises souhaitent investir davantage aux États-Unis pour créer des emplois dans des États clés soutenant Trump. Elles proposent aussi de renforcer les importations de produits agricoles et énergétiques américains (maïs, whisky, pétrole).
Le ministère du Commerce a identifié 49 produits à risque, notamment l’acier chinois réexporté via la Thaïlande. Des mesures sont prévues pour éviter les contournements des règles commerciales.
Le secteur privé réclame un soutien urgent aux PME (baisse des taux d’intérêt, accès au crédit) et une accélération des accords de libre-échange avec l’UE et d’autres marchés pour diversifier les débouchés.
Les dirigeants économiques thaïlandais insistent sur la préparation de données solides pour négocier et suggèrent d’importer plus de produits américains (fruits de mer, abats, énergie). L’objectif est de rééquilibrer les échanges tout en minimisant l’impact des tarifs Trump.