
La Commission électorale (CE) a trouvé des raisons de soupçonner l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, en tant que personne étrangère au parti, d’exercer une influence illégale et de manipuler le parti Pheu Thai au pouvoir ainsi que cinq autres partis de la coalition, selon une source.
À ce titre, la CE a décidé d’ouvrir une enquête formelle sur cette prétendue inconduite, spécifiée dans six plaintes soumises par différents procéduriers, a indiqué la source.
Les cinq autres partis dans le collimateur sont le Bhumjaithai (Anutin), le United Thai Nation (Prayut), le Palang Pracharath (armée, mais à l’agonie) et deux petits, le Chartthaipattana et le Prachachart. L’enquête dispose de 30 jours, mais le délai peut être prolongé, a indiqué la source.
Les procéduriers souhaitent que la CE demande formellement à la Cour constitutionnelle de dissoudre tous ces partis politiques pour s’être laissés sciemment influencés et manipulés par Thaksin, ce que les procéduriers considèrent comme une violation de l’article 28 sur les partis politiques. Si l’influence du fondateur du Pheu Thai et « parrain » de la vie politique thaïlandaise ne fait guère de doute et est même assez naturelle, la question est de savoir si cela mérite, comme à chaque fois, la dissolution des partis.
Les procéduriers en série sont Warong Dechgitvigrom, président du Parti Thai Pakdee ; Ruangkrai Leekitwattana membre du PPRP (visé par la plainte), Noppharut Worachitwutthikun, d’un groupe politique se faisant appeler Phirap Khao 2006, etc.
La Cour constitutionnelle peut ordonner la dissolution de ces partis politiques s’il est prouvé qu’ils ont violé la loi. La Cour constitutionnelle ne se prive pas de dissoudre moult partis pro-Thaksin ou qui n’ont pas l’heur de plaire au régime (affaire Future Forward).
Les actes de Thaksin ont été cités comme preuve de son influence sur les six partis et sur la formation de la coalition actuelle. Une réunion a eu lieu dans sa résidence de Ban Chan Song La après la destitution de Srettha Thavisin par la même CC. Il a par ailleurs osé exposer sa vision du développement du pays lors d’un forum public le 22 août, des idées comme par hasard, reprises par le gouvernement actuel.
Pheu Thai pourrait voir 23 de ses membres exécutifs perdre leurs droits politiques pendant 10 ans si les institutions, que l’ont dit aux ordres du régime, valident les plaintes des procéduriers, a indiqué la source.