
La nouvelle campagne de promotion touristique de la Tourism Authority of Thailand (TAT), mettant en avant Lisa, star mondiale de BLACKPINK, suscite un vif débat. Si la présence de l’artiste thaïlandaise est saluée comme un atout majeur, le recours à des images générées par intelligence artificielle plutôt qu’à des photos réelles provoque une vague de critiques.
Dans le cadre de l’initiative Feel All the Feelings, Lisa apparaît comme ambassadrice d’“Amazing Thailand”. La dernière image la montre devant le lac aux lotus rouges d’Udon Thani, célèbre pour ses fleurs éclatantes au lever du soleil. Le texte d’accompagnement invite les voyageurs à “laisser leur cœur dériver sur les eaux roses”.
Mais sur les réseaux sociaux, les réactions se sont rapidement polarisées. D’un côté, des internautes admirent la beauté du site et la notoriété de Lisa. De l’autre, de nombreux critiques dénoncent des visuels jugés artificiels, où la chanteuse semble “flotter” sans s’intégrer au paysage. Beaucoup regrettent que la TAT n’ait pas organisé une séance photo sur place, estimant qu’un décor réel aurait mieux mis en valeur la nature thaïlandaise et le charisme de l’artiste.
Le compositeur Nitipong Honark s’est montré particulièrement sévère : “Présenter un joyau valant des milliards comme si elle ne valait que quelques centaines de bahts, comment est-ce possible ?” Il a décrit l’image comme “sans émotion, sans naturel et sans beauté”, appelant à privilégier l’authenticité et la simplicité plutôt que des effets numériques.
Certains observateurs vont jusqu’à comparer la campagne à des clichés pris par de simples touristes, jugés plus chaleureux. “Ce type de travail exige non seulement de l’intellect, mais aussi du goût et du ressenti”, a ajouté Nitipong.
Malgré l’enthousiasme suscité par la participation de Lisa, la controverse met en lumière un enjeu plus large : l’usage croissant de l’IA dans la publicité et ses limites en matière d’authenticité. Pour la Thaïlande, tout miser sur l’IA pourrait inciter les étrangers à visiter la Thaïlande de manière… virtuelle.
La Thaïlande fait donc face à une concurrence accrue du Vietnam pour attirer les touristes européens et russes, poussant les acteurs du secteur à réclamer une « cellule de guerre » dédiée. Selon l’Association des hôtels thaïlandais (THA), les arrivées de Russes au Vietnam ont doublé en haute saison, tandis que certains Européens, comme les Polonais, privilégient désormais ce pays en raison de ses prix compétitifs.
En Thaïlande, le taux d’occupation prévu pour janvier est de 74 %, en baisse par rapport à décembre, avec une diminution notable des touristes chinois au premier trimestre. Le secteur espère un rebond après le Nouvel An chinois.



