
Le ministre thaïlandais des Affaires étrangères, Sihasak Phuangketkeow, a rencontré jeudi 15 janvier la chargée d’affaires américaine Elizabeth J. Konick à Bangkok pour obtenir des éclaircissements sur la décision de Washington de suspendre, à partir du 21 janvier 2026, le traitement des visas de résidence permanente pour 75 pays, dont la Thaïlande.
Une mesure jugée floue et inquiétante
Bangkok s’inquiète du manque de critères clairs derrière cette décision, qui regroupe des pays aux contextes très différents. Selon Sihasak, cette suspension pourrait envoyer un signal négatif et nuire à une relation bilatérale de longue date. Il a rappelé que plus de 320 000 Thaïlandais vivent aux États-Unis, contribuant à l’économie par leurs investissements et leurs entreprises.
Réponse américaine
La représentante américaine a reconnu les préoccupations de la Thaïlande, précisant que la mesure ne concerne que les visas de résidence permanente. Les visas temporaires — tourisme, études, affaires ou missions gouvernementales — continueront d’être délivrés normalement. Elle a expliqué que l’objectif est de réduire la pression sur le système de protection sociale américain. Elizabeth Konick s’est engagée à transmettre les inquiétudes de Bangkok au Département d’État et à fournir des informations complémentaires dès que possible.
Contexte politique aux États-Unis
Cette suspension s’inscrit dans la politique migratoire de Donald Trump, revenu au pouvoir en 2025. L’administration affirme vouloir « mettre fin aux abus du système d’immigration » et empêcher l’entrée de ressortissants étrangers susceptibles de bénéficier des aides sociales. Le Département d’État a déjà révoqué plus de 100 000 visas en un an, un record. Le ministère de la Sécurité intérieure a par ailleurs annoncé plus de 600 000 expulsions en 2025.
La liste des 75 pays concernés n’a pas été publiée dans son intégralité, mais inclut notamment la Russie, le Brésil, l’Iran, l’Irak, l’Égypte, le Nigeria, la Somalie, le Yémen… et la Thaïlande. Le gel débutera le 21 janvier, sans date de fin précisée.
Impact pour la Thaïlande
Pour Bangkok, cette décision risque d’affecter ses ressortissants souhaitant s’installer durablement aux États-Unis. Le gouvernement insiste sur la nécessité de critères transparents afin d’éviter que la Thaïlande soit perçue comme un pays « à risque ». Cependant, force est de constater qu’entre les mafias chinoises, les centres d’appels et les accidents de la route ou de chantiers, des risques existent dans le royaume. Dans l’immédiat, les voyages pour études, tourisme ou affaires ne sont pas concernés, ce qui limite l’impact sur les échanges quotidiens.
La rencontre entre Sihasak et Elizabeth Konick illustre la volonté de la Thaïlande de défendre ses citoyens et de préserver une relation stratégique avec Washington, alors que la politique migratoire américaine suscite de vives critiques à l’international.



