
Le ministère thaïlandais du Travail s’apprête à faire passer l’âge de départ à la retraite à 65 ans dans les secteurs privé et public, l’alignant ainsi sur celui de pays comme Singapour et la Suisse, a annoncé le ministre Phiphat Ratchakitprakarn.
Phiphat a déclaré que la décision d’augmenter la limite d’âge pour la retraite est influencée par les progrès significatifs du système de santé, qui a amélioré l’espérance de vie. En ce domaine, la Thaïlande fait figure de bon élève.
Nombre de Thaïlandais de plus de 60 ans continuent de travailler actuellement. Soit qu’ils n’ont jamais cotisé et n’ont donc droit à aucune pension, soit qu’ils considèrent leur pension comme insuffisante.
Phipat n’a pas expliqué si une telle mesure doit passer devant le parlement. De toute façon, cette décision devrait recevoir l’adhésion à la fois des parlementaires et de la population.
En outre, le ministère prévoit de modifier la loi sur la Sécurité sociale pour inclure environ deux millions de travailleurs migrants du Myanmar, du Laos et du Cambodge dans le régime de prestations de sécurité sociale. On ne sait pas si cela inclut la caisse de retraite, sachant que les migrants représentent l’avenir de la Thaïlande.
Les cotisations des migrants et des Thaïlandais de 60 à 65 ans devraient apporter des fonds supplémentaires à la caisse.
Les travailleurs indépendants et les travailleurs de secteurs spécifiques actuellement exclus du système de sécurité sociale doivent également être incorporés en vertu de la loi modifiée. Cette catégorie comprend les chauffeurs de taxi, les livreurs, les travailleurs agricoles, les gens de maison et les vendeurs ambulants.
Il est également proposé d’augmenter les cotisations des employeurs et des salariés de 2 % chacun, le gouvernement contribuant à hauteur de 2,5 % supplémentaires. Cela entraînerait une augmentation totale des cotisations de 6,25 %.
Phiphat a révélé que le ministère envisageait de convertir la dépense la plus importante de la Caisse de sécurité sociale – actuellement les frais médicaux variables, estimés à 60 milliards de bahts par an, en un coût fixe. En transférant cette responsabilité financière à une compagnie d’assurance, l’Office de la sécurité sociale (SSO) pourrait gérer plus efficacement les coûts flottants et améliorer la gestion des fonds.
La Caisse de sécurité sociale vise, pour ses placements, un rendement d’au moins 5 % en 2025, soit une augmentation par rapport au rendement de 2,3 % en 2023. La réalisation de cet objectif pourrait prolonger la viabilité de la caisse de trois à quatre années supplémentaires. Phiphat a mentionné que les investissements internationaux du SSO, notamment sur les marchés américain et européen, ont généré des rendements de 6 à 7 %. La SSO actuellement en excédent doit placer astucieusement ses fonds afin de pouvoir payer les pensions des futurs retraités lorsque les cotisants seront moins nombreux.
Phiphat a averti que, sans mesures pour pérenniser la viabilité de la caisse, les fonds s’épuiseront au cours des 30 prochaines années.