L’espérance de vie des Thaïlandais a diminué de 1,78 ans en raison de la pollution atmosphérique par les PM2,5, selon une étude publiée par le Kasikorn Research Center.
On peut aussi dire que l’espérance de vie des Thaïlandais augmenterait de 1,78 ans si la valeur moyenne de PM2,5 ne dépassait pas 5 microgrammes par mètre cube, ce qui est conforme à la norme de l’Organisation mondiale de la santé.
PM2,5 fait référence à des particules d’un diamètre maximum de 2,5 microns.
Les chercheurs de la Kasikorn ont noté que la Thaïlande était classée 29e parmi les pays confrontés à un déclin de la durée de vie de leur population en raison de la pollution par les PM2,5. C’est au Bangladesh que la population est confrontée à la plus forte baisse, soit 6,76 ans, suivie par l’Inde (5,26 ans) et le Népal (4,58 ans).
La société de surveillance de la qualité de l’air, IQAir, a noté l’année dernière que la région de l’Asie du Sud était exposée à un risque élevé de pollution par les PM2,5. En effet, 29 villes d’Inde, du Pakistan et du Bangladesh figurent parmi les 30 villes les plus polluées du monde.
Parallèlement, le ministère de la Santé publique a révélé que le nombre de patients thaïlandais souffrant de maladies liées à la pollution atmosphérique avait grimpé en flèche en 2023.
Parmi les Thaïlandais, les trois principales maladies liées à la pollution atmosphérique sont la bronchite (39,1 %), le cancer du poumon (19,8 %) et les accidents vasculaires cérébraux (16,8 %), a indiqué le ministère.
Outre les incendies de forêt délibéré pour récolter des plantes, le brûlage des parcelles agricoles est une cause majeure de pollution par les PM2,5. Les agriculteurs brûlent souvent leurs parcelles agricoles après la récolte, car beaucoup disent ne pas pouvoir se permettre d’embaucher pour ramasser les détritus.
Le nombre de départs de feu en Thaïlande avait augmenté de 266 % en 2023 par rapport à 2022, selon le centre de recherche Kasikorn, le gouvernement Prayut ne se souciant pas de ce problème. L’Agence des technologies spatiales a identifié 168 468 points chauds en Thaïlande en 2023, contre 45 996 en 2022.
Les départs de feu se trouvaient à 39 % dans des rizières, suivies par le maïs et les cultures saisonnières (24 %) et la canne à sucre (9 %).
Il semble que la situation, toujours mauvaise, a été moins catastrophique en 2024. Le gouvernement a affirmé s’intéresser au problème.
Un effort pour lutter contre la pollution de l’air est inscrit à l’agenda national de la Thaïlande depuis 2019, avec des sanctions financières pour les contrevenants mais les autorités n’ont jamais vraiment essayé de faire respecter la loi. A date, on n’a jamais entendu parler d’un paysan ou d’un pyromane réellement condamné.
Malgré la multitude de réglementations, le centre de recherche Kasikorn note que la Thaïlande reste à la traîne dans la réduction effective de la pollution atmosphérique, en particulier celle du secteur agricole qui nécessite une collaboration entre les agences compétentes et une allocation budgétaire importante.
Le centre espère que le projet de loi sur la qualité de l’air, actuellement examiné par la Chambre des représentants, permettra l’accès à l’air pur dans le royaume. La question sera de savoir si cette loi sera appliquée.
