
Des petits boîtiers mystérieux contenant des cartes-clés, placées à divers endroits dans le centre-ville de Bangkok, ont suscité la curiosité des internautes thaïlandais cette semaine. Ces boîtiers, bien connus des clients de Airbnb, qui nécessitent une combinaison pour être ouverts, sont placés dans des petites armoires en bois. Elles ont été découvertes dans des lieux publics, comme sur Sukhumvit Soi 42, souvent sous la surveillance de motos-taxis. Ces armoires attirent l’attention en raison de leur emplacement inhabituel et de leur contenu intrigant.
L’énigme a été résolue lorsque des internautes ont révélé que ces boîtiers servaient à contourner les règles strictes interdisant les locations à la journée dans les condos. Les propriétaires, souvent des investisseurs « étrangers », utilisent ces boîtiers pour permettre aux locataires d’accéder aux clés, à la forme de carte de crédit, des appartements sans passer par la réception, évitant ainsi les amendes pouvant aller jusqu’à 20 000 bahts pour non-respect des règles de location.
Le propriétaire d’un atelier de réparation de motos qui héberge une armoire a déclaré qu’il avait été approché par un homme lui offrant 10 000 bahts par mois. Il a dit que de nombreux étrangers s’étaient depuis présentés pour prendre les clés presque tous les jours. Il a ajouté qu’il ne savait pas que c’était illégal et était prêt à coopérer avec les autorités enquêtant sur l’affaire.
Le processus est le suivant. Un Chinois repère un appartement à Bangkok sur un site dédié. Il le loue quelques jours. Le propriétaire chinois n’est évidemment pas sur place. Le locataire doit donc récupérer la carte magnétique qui sert de clé. Cela ne peut pas se faire à la réception de l’immeuble, puisque toute la démarche est illégale. Le propriétaire donne donc l’adresse de l’endroit où se trouve le boîtier contenant la carte-clé, ainsi que le numéro du boîtier et de sa combinaison. Le touriste récupère la carte-clé et se rend dans l’immeuble situé à proximité. Parfois, les clés sont encore en métal.
La pratique est répandue, comme en témoigne le nombre d’armoires et de boîtiers découvertes. Les autorités enquêtent sur ces agissements illégaux, soupçonnant des ressortissants chinois de louer leurs unités de manière illicite. Le ministre de l’Intérieur, Anutin Charnvirakul, a souligné l’importance de respecter les réglementations en matière de location et a évoqué des mesures pour contrer ces pratiques.
Les boîtes à clés permettent aux locataires de récupérer les clés grâce à un code fourni par le propriétaire, facilitant ainsi les locations à court terme sans éveiller les soupçons. Cependant, depuis que l’histoire est devenue virale, certains boîtiers ont disparu, et les autorités intensifient leurs efforts pour faire respecter la loi sur les hôtels, qui régit également les locations de courte durée.
Les résidents et les autorités locales s’inquiètent des nuisances et des risques de sécurité liés à ces locations illégales. Les plaintes concernant le bruit nocturne et les perturbations se multiplient, et les responsables politiques appellent à une action gouvernementale pour mettre fin à ces pratiques. Le gouvernement est exhorté à collaborer avec les promoteurs immobiliers pour trouver des solutions rapides et efficaces, afin de protéger les résidents et de garantir le respect des lois en vigueur.