
Les opérateurs touristiques thaïlandais exhortent le gouvernement à prendre des mesures sérieuses pour lutter contre le surtourisme. Parmi les propositions, figure une taxe touristique de 300 bahts (environ 8,11 USD). Le Premier ministre thaïlandais, Srettha Thavisin, s’est engagé à faire de 2025 une année charnière pour le tourisme. Le secrétaire général de la Fédération des associations touristiques thaïlandaises (Fetta), Adith Chairattananon, a déclaré que le livre blanc présenté au gouvernement inclura des solutions pour éviter le surtourisme, qui était déjà un problème en Thaïlande avant la pandémie.
Avec une projection de 40 millions de touristes, les principales destinations thaïlandaises telles que Phuket, Samui et Pattaya sont sur le point de faire face à une surcharge. Pendant la haute saison, Phuket a déjà connu des embouteillages et des pénuries d’eau, tandis que son aéroport international manquait de créneaux disponibles pour les compagnies aériennes.
L’une des stratégies clés consiste à attirer les touristes des principales destinations vers les villes secondaires du pays, qui offrent de nombreuses attractions potentielles et un espace pour accueillir un flux important de visiteurs. Les compagnies aériennes devraient être encouragées à opérer des vols directs vers les aéroports provinciaux tels que U-tapao, ainsi que vers Khon Kaen et Krabi. On notera qu’il est déjà trop tard pour Krabi et ses superbes plages déjà saccagées par les touristes.
En outre, les autorités devraient accélérer la connectivité entre les aéroports et les centres-villes. Par exemple, le manque de bus entre l’aéroport d’U-tapao et la ville de Pattaya décourage les nouvelles compagnies aériennes d’opérer des vols, car la situation actuelle n’est pas pratique pour les passagers.
Le vice-président du Conseil du tourisme de Thaïlande (TCT), Surawat Akaraworamat, a également suggéré que le gouvernement reconsidère la perception de la taxe touristique de 300 bahts pour financer le développement du tourisme. Ces fonds essentiels contribueront au développement des infrastructures dans les « provinces de second rang », afin d’attirer les touristes vers elles pour soulager celles qui souffrent du surtourisme.
Il a souligné que cette taxe ne découragerait pas les touristes étrangers de visiter la Thaïlande, car elle reste peu coûteuse par rapport à certains autres pays. Les autorités thaïlandaises ont pris conscience de l’importance de lutter contre le surtourisme, à l’instar d’autres pays dans le monde. Par exemple, la ville d’Amsterdam a récemment interdit la construction de nouveaux hôtels, tandis que les habitants des îles Canaries, en Espagne, ont appelé à limiter le nombre de touristes en raison de la hausse des coûts du logement. Certaines villes du monde sont transformées en immenses Airbnb. Personne ne veut de cela en Thaïlande.
Contrairement à des pays qui ont d’autres sources de revenus, la Thailande coincée dans le piège des pays intermédiaires en l’absence de toute formation professionnelle, ne compte quasiment que sur le tourisme (et les exportations) pour nourrir sa population.