
Le week‑end politique a été marqué par une vague de défections spectaculaires vers le Bhumjaithai Party. À Bangkok, Varawut Silpa‑archa, chef du Chart Thai Pattana, est arrivé au siège du parti accompagné de plusieurs députés et figures provinciales pour annoncer leur ralliement. Parmi eux, des poids lourds de Chonburi, Phetchaburi et Rayong, ainsi que deux parlementaires de haut rang issus du Pheu Thai. Ces transferts illustrent la capacité d’Anutin Charnvirakul à attirer des familles influentes et des réseaux locaux, renforçant son assise avant les prochaines élections.
Varawut a toutefois insisté sur le fait que sa famille ne renonçait pas au Chart Thai Pattana, mais qu’il s’agissait d’une stratégie visant à améliorer l’efficacité des services publics dans plusieurs provinces. Nikorn Chamnong, directeur du parti, a confirmé qu’il ne s’agissait pas d’une dissolution du parti, mais d’un ajustement stratégique qui souhaite préserver l’héritage politique de Banharn Silpa‑archa, un ancien Premier ministre décédé en 2016.
Ces ralliements s’ajoutent à ceux de figures emblématiques comme Sonthaya Khunpluem, ancien maire de Pattaya, et son frère Vitthaya, qui ont annoncé leur intention de rejoindre Bhumjaithai. À Phetchaburi, Chaiya Angkinan et deux députés ont également basculé, tandis que le chef provincial de Rayong, Piya Pitutecha, a fait acte de présence. Deux députés Pheu Thai, Sudarat Pitaksoponpan et Surassanan Onnanopphorn, ont été présentés par Anutin lui‑même comme nouveaux membres du parti.
Ces ralliements semblent avant tout le produit d’un clientélisme effréné.
Dans ce contexte de recomposition politique, Anutin a profité de la première assemblée générale extraordinaire de 2025 pour adresser un message clair à ses députés : « soyez attentifs aux signaux » le 12 décembre. Selon la porte‑parole Boonthida Somchai, le Premier ministre a demandé à ses troupes de se préparer à une éventuelle dissolution de la Chambre. Le parti a élu un comité de sélection de onze membres pour superviser les représentants provinciaux et préparer les primaires. Supamas Isarabhakdi, ministre rattachée au bureau du Premier ministre, a été chargée de piloter la sélection des candidats à Bangkok.
Pendant ce temps, le People’s Party a dévoilé ses trois candidats au poste de Premier ministre et un programme axé sur la réduction des inégalités et la réforme foncière. Les sondages révèlent un paysage politique incertain : près de 40 % des électeurs restent indécis, mais le People’s Party arrive en tête, suivi de près par Bhumjaithai.
La progression de Bumjaithai marque une victoire notable pour un parti longtemps cantonné à Buriram et relégué au second plan par le Parti du Peuple et le Pheu Thai. Fort de sa proximité avec l’armée, elle-même confortée par le conflit avec le Cambodge, Bumjaithai s’impose désormais comme une force crédible de gouvernement.
À l’approche du 12 décembre, les recompositions d’alliances se multiplient sous l’œil attentif des électeurs. Fidèle à une pratique politique traditionnelle fondée sur le ralliement de notables locaux, Anutin s’attache à élargir son camp sans véritablement exposer une ligne idéologique que beaucoup d’observateurs jugent inexistante.



