
Le parquet thaïlandais a annoncé son intention de faire appel de l’acquittement prononcé le 22 avril dernier dans l’affaire du délit de fuite impliquant Vorayuth « Boss » Yoovidhya, héritier de l’empire Red Bull. Six personnes, dont l’ancien chef de la police nationale, le général Somyot Poompanmoung, sont accusées d’avoir falsifié les données de vitesse du véhicule impliqué dans l’accident mortel survenu en 2012 à Bangkok.
Le procureur général Phairach Pornsomboonsiri souhaite contester cette décision, estimant que les manipulations ont contribué à l’abandon de l’accusation de conduite dangereuse ayant entraîné la mort. Parmi les autres acquittés figurent des hauts responsables de la police scientifique et un analyste automobile. Deux autres prévenus, des anciens procureurs, ont été condamnés à des peines de prison de deux et trois ans, mais ne sont pas concernés par l’appel.
Le 3 septembre 2012, Vorayuth, alors âgé de 27 ans, avait percuté à grande vitesse la moto du sergent-major Wichian Klanprasert dans le quartier de Thong Lor. Il avait ensuite traîné le corps sur près de 200 mètres avant de prendre la fuite. Malgré les charges retenues, l’héritier n’a jamais comparu devant la justice, échappant aux poursuites en quittant le pays en 2017. Il serait installé à Londres, où sa famille possède plusieurs biens.
La famille Yoovidhya détient 51 % de Red Bull et a été désignée comme la plus riche de Thaïlande par Forbes en 2025, avec une fortune estimée à 44,5 milliards de dollars. Plusieurs accusations contre Vorayuth ont été prescrites au fil des années, notamment pour excès de vitesse et non-assistance à personne en danger. Il ne reste aujourd’hui qu’un chef d’accusation : conduite imprudente ayant causé la mort, passible de dix ans de prison, mais qui expirera en septembre 2027.
L’affaire, emblématique des privilèges accordés aux élites, continue de susciter l’indignation dans le pays. Le recours du parquet pourrait relancer une quête de justice longtemps entravée.