
Le ministère de l’Économie et de la Société numérique a lancé « DE-fence », une application gratuite destinée à protéger les citoyens contre les escroqueries par téléphone et SMS. Disponible sur Android et iOS, l’outil vise à réduire le nombre de victimes de cybercriminalité en Thaïlande, où près de 1.000 cas d’arnaques sont encore recensés chaque jour.
Selon Wethang Puangsap, secrétaire général de la Commission nationale du numérique, l’application repose sur un système d’échange d’informations entre agences publiques et privées. Elle identifie les numéros frauduleux ou suspects et avertit l’utilisateur avant qu’il ne décroche ou ne lise un message. Elle conserve également une liste de numéros officiels des administrations, permettant de distinguer les appels légitimes des tentatives d’usurpation.
Trois catégories de numéros
DE-fence classe les appels et SMS en trois groupes :
- Blacklist (dangereux) : numéros confirmés comme liés à des fraudes, validés par la police et le centre de lutte contre la cybercriminalité.
- Greylist (suspects) : numéros inconnus, étrangers ou fréquemment signalés, présentant un risque mais non encore prouvés criminels.
- Whitelist (fiables) : numéros officiels ou enregistrés par les utilisateurs, considérés comme sûrs.
L’application permet aussi de signaler directement une arnaque via le centre AOC (Anti-Online Scam Operation Centre) au 1441, et de geler immédiatement le compte du fraudeur.
Des escroqueries de plus en plus sophistiquées
Si le nombre global de cas pourrait diminuer, les autorités préviennent que les escroqueries deviennent plus complexes. Pol Lt Gen Jirabhop Bhuridej, directeur adjoint du Centre de suppression de la cybercriminalité, alerte sur l’usage croissant de l’intelligence artificielle et des deepfakes pour imiter des personnalités publiques. Les « hybrid scams », mêlant arnaques sentimentales et financières, se multiplient également.
Coopération internationale
La Thaïlande travaille avec la Chine, les États-Unis et le Japon pour démanteler les réseaux transnationaux. Des bases ont été fermées au Cambodge et en Birmanie, mais certaines pourraient se déplacer vers le Laos. Les autorités préparent des opérations conjointes pour contrer cette mobilité accrue.
Les États-Unis ont déployé des agents du FBI à Bangkok pour renforcer le partage d’informations financières en temps réel. Le Japon, de son côté, a convenu de créer une task force commune avec la police thaïlandaise pour traiter les cas impliquant des victimes japonaises.
Vigilance citoyenne
Les autorités rappellent enfin la règle : « Ne pas croire, ne pas se précipiter, ne pas transférer ». Vérifier les comptes via les plateformes officielles, raccrocher face aux appels menaçants et rester attentif aux faux contenus numériques sont les clés pour éviter de tomber dans le piège.



