
La mort d’un jeune conscrit à Nakhon Ratchasima a provoqué un choc dans le pays et relancé le débat sur les violences au sein de l’armée. Le Royal Thai Army a annoncé l’ouverture de procédures criminelles et disciplinaires contre un sous-officier et sept soldats après l’agression mortelle survenue dans la nuit du 9 au 10 janvier au sein du Development Battalion 2.
Selon les premières informations, l’instructeur et plusieurs conscrits plus anciens auraient attaqué trois nouvelles recrues pour des « violations du règlement ». L’un d’eux, le soldat Kritanon Phonchanthuek, a succombé à ses blessures le 11 janvier à l’hôpital. Les deux autres victimes sont toujours sous surveillance médicale. L’enquête préliminaire a révélé que le sous-officier impliqué avait consommé de l’alcool avant l’incident, aggravant la gravité des faits.
Les huit suspects sont actuellement détenus au Suratham Phithak Camp. Le 2e commandement régional et la 2e division de développement ont ordonné aux juges-avocats militaires de rassembler les preuves et de déposer plainte auprès des enquêteurs civils. En parallèle, une procédure disciplinaire interne pourrait conduire à leur renvoi de l’armée.
Appels à la transparence
L’affaire a rapidement pris une dimension politique. Nitchanan Wangkahat, candidate du People’s Party, a affirmé que l’agression s’était déroulée dans un lieu surnommé « Tiger Cave », où les nouvelles recrues seraient régulièrement soumises à des brimades. Elle a exhorté l’armée à divulguer tous les faits et à éviter toute dissimulation dans une affaire impliquant la perte d’une vie humaine. L’armée n’a pas confirmé l’existence de ce lieu.
Condoléances et promesses
Dans un communiqué, le Royal Thai Army a présenté ses « plus sincères condoléances » à la famille de Kritanon et assuré qu’il se constituerait partie civile dans le dossier. L’institution a promis de mener le processus judiciaire avec transparence et de ne protéger aucun des auteurs présumés.
Ce drame met en lumière les pratiques violentes qui persistent dans certaines unités et alimente les appels à une réforme profonde du système de conscription en Thaïlande. Pour les familles et les organisations de défense des droits humains, il s’agit d’un test crucial de la volonté de l’armée de rompre avec une culture de cruauté et d’impunité.



