“Be the Doctor Who Changes to the Future”
La Thaïlande fait face à une crise sanitaire silencieuse : 36 provinces souffrent d’un manque critique de médecins, avec plus de 300 postes vacants dans les hôpitaux communautaires. Le ministère de la Santé publique a dévoilé un plan en trois étapes pour tenter de résoudre ce déficit, jugé prioritaire par le ministre Pattana Promphat.
La première phase, prévue pour 2026, vise à soulager immédiatement les zones les plus touchées. Elle inclut des mesures d’urgence, comme l’amélioration des avantages financiers, de nouvelles opportunités de formation et une meilleure gestion des données sur le personnel médical. La deuxième phase, en 2027, doit poser les bases d’un système durable, avec une allocation plus équilibrée des médecins, une planification budgétaire renforcée et l’intégration de technologies pour alléger la charge de travail. Enfin, la troisième phase, en 2028, prévoit une expansion pérenne des modèles réussis, avec des contrats plus attractifs et des bénéfices élargis à d’autres professions de santé.
Le problème est particulièrement aigu dans les hôpitaux communautaires, où les pénuries dépassent parfois 40 %. Certaines régions, comme le Nord-Est et le Sud, manquent de dizaines de praticiens, laissant des populations entières sans accès régulier aux soins. Bueng Kan, par exemple, ne dispose que d’un seul hôpital général, lui aussi en déficit de médecins.
Cette crise n’est pas nouvelle. La Thaïlande souffre depuis longtemps d’une répartition inégale des médecins : la majorité préfère travailler dans les grandes villes, notamment Bangkok, où les infrastructures et les salaires sont plus attractifs. Les zones rurales, elles, peinent à retenir les jeunes diplômés. Le pays compte environ 0,8 médecin pour 1 000 habitants, bien en dessous de la moyenne de l’OCDE (3,5). Les conséquences sont lourdes : surcharge des urgences, délais d’attente prolongés et accès limité aux soins spécialisés.
Pour attirer les jeunes médecins, le ministère promet cinq mesures incitatives : doublement des primes aux urgences, congés d’études supplémentaires, quotas élargis pour la formation spécialisée, renforcement du mentorat et possibilité pour les internes de deuxième et troisième année de travailler directement dans les zones rouges. Une conférence nationale intitulée “Be the Doctor Who Changes to the Future” doit également inspirer les étudiants en fin de cursus à rejoindre le service public.
Reste à savoir si ces mesures suffiront à inverser une tendance structurelle qui fragilise depuis des années le système de santé thaïlandais, par ailleurs excellent.



