
Coup de filet spectaculaire au cœur de Bangkok. Le 12 mars, les autorités thaïlandaises ont saisi plus de 100 000 articles contrefaits, d’une valeur estimée à 30 millions de bahts, lors d’une opération menée au célèbre centre commercial MBK. Objectif affiché : montrer la détermination du pays à lutter contre la contrefaçon et améliorer son image auprès des investisseurs internationaux.
Une opération ciblée
Le Département de la Propriété Intellectuelle (DIP) et le Département des enquêtes spéciales (DSI) ont coordonné le raid, visant 17 points de vente jugés prioritaires. Les agents ont découvert des imitations de vêtements de luxe, de chaussures et d’accessoires, soigneusement dissimulées dans les allées du centre.
Cette action intervient quelques jours après la publication du rapport 2025 du United States Trade Representative (USTR), qui avait désigné MBK comme le seul marché physique en Thaïlande figurant sur la liste des « marchés notoires » pour violations de propriété intellectuelle.
Tolérance zéro au MBK
Auramon Supthaweethum, directrice générale du DIP, a insisté sur la volonté du gouvernement de prendre au sérieux les critiques internationales : « Cette opération est la preuve de notre engagement à agir de manière proactive », a-t-elle déclaré.
La direction du MBK Center a confirmé l’application d’une politique de tolérance zéro : tout commerçant pris en flagrant délit de vente de contrefaçons verra son bail immédiatement résilié.
Un enjeu économique majeur
Au-delà de la saisie, l’enjeu est clair : sortir la Thaïlande de la « watch list » américaine et restaurer la confiance des investisseurs. Les autorités rappellent que la contrefaçon nuit non seulement aux marques, mais aussi aux consommateurs, exposés à des produits de qualité médiocre, voire dangereuse.
« Protéger la propriété intellectuelle, ce n’est pas seulement appliquer la loi, c’est renforcer l’écosystème économique du pays », a ajouté Auramon Supthaweethum.
Une stratégie nationale
Le raid sur le MBK s’inscrit dans une campagne plus large impliquant la police royale, la division de suppression des crimes économiques et les douanes. Les autorités travaillent en étroite collaboration avec les détenteurs de marques et le secteur privé pour assainir les zones touristiques et les grands centres commerciaux.
Le DIP surveille également les plateformes en ligne, où la vente de contrefaçons prospère. Les citoyens sont invités à signaler toute activité suspecte via la hotline 1368 ou le site officiel du département.
Un symbole fort
MBK, connu pour ses milliers de boutiques et son afflux de touristes, était devenu un symbole de la contrefaçon en Thaïlande. La saisie massive du 12 mars marque un tournant : le gouvernement veut montrer qu’il est prêt à agir fermement pour protéger sa réputation et sécuriser ses échanges commerciaux.



