
Le Premier ministre Anutin Charnvirakul a présenté hier devant le Parlement les 23 priorités gouvernementales, articulées autour d’un cadre “10-Plus” destiné à renforcer l’économie, la société, la sécurité et la gouvernance de la Thaïlande dans un contexte mondial incertain.
Un cadre en cinq pôles
Le gouvernement entend appliquer ces mesures via un système de gouvernance par clusters, répartis en cinq groupes :
- macroéconomie et industries d’avenir,
- production, commerce et services,
- infrastructures et environnement,
- protection sociale,
- affaires étrangères et sécurité.
Anutin a réaffirmé son engagement : « Je ferai tout pour que la Thaïlande soit stable, que les Thaïlandais puissent se tenir debout par eux-mêmes, que l’économie soit compétitive et que le monde ait confiance en nous. »
L’opposition dénonce une concentration du pouvoir
Le chef du People’s Party, Natthaphong Ruengpanyawut, a vivement critiqué cette déclaration, accusant le gouvernement Bhumjaithai de concentrer le pouvoir dans cinq cercles politiques, au détriment des citoyens. Buriram est devenu, objectivement, le centre politique de la Thaïlande. Il a pointé :
- les familles politiques influentes ayant rejoint Bhumjaithai,
- le rôle affaibli du Pheu Thai dans la coalition,
- les petits partis alliés consolidant le contrôle,
- les sénateurs nommés et agences indépendantes utilisés comme “cartes joker”,
- les groupes garants du statu quo politique.
Le débat s’est tendu lorsque Natthaphong a accusé le Pheu Thai d’avoir “vendu son âme” en rejoignant la coalition. Le président de la Chambre, Sophon Saram, a exigé une reformulation, jugée diffamatoire.
Les critiques du Parti Démocrate
L’ancien Premier ministre Abhisit Vejjajiva, leader du Parti Démocrate, a jugé le discours trop vague, sans indicateurs mesurables ni vision claire. Il a dénoncé l’absence de solutions pour les provinces du sud, marquées par l’insécurité, et critiqué la gestion de projets majeurs, comme le pont terrestre ou le fonds pétrolier. Selon lui, le gouvernement risque de gaspiller des fonds publics sans garantir le bien-être des citoyens.
Une scène politique sous tension
La séance a aussi été marquée par des gestes symboliques : Anutin a échangé quelques mots avec Thammanat Prompao, chef du Kla Tham Party, pourtant absent de la coalition actuelle. Plus tard dans la soirée, plusieurs députés Bhumjaithai ont demandé au Premier ministre de signer le document officiel de la déclaration de politique générale, transformant l’instant en démonstration de loyauté.
Un cap à préciser
Ce discours de politique générale, prononcé sous l’article 162 de la Constitution, trace les grandes lignes de l’action gouvernementale. Mais les critiques convergent : sans détails concrets, indicateurs clairs et garanties éthiques, la Thaïlande risque de voir ses promesses de compétitivité se heurter à la défiance des citoyens et surtout se fracasser contre le réel.



