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Après les élections, une démocratie verrouillée, donc un avenir économique bloqué

Geo Valin 13 Fév 2026
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Les élections législatives du 8 février 2026 et le référendum constitutionnel ont confirmé une recomposition majeure du paysage politique thaïlandais. Mais derrière les chiffres, c’est surtout l’image d’une démocratie fragilisée qui s’impose, dominée par des forces conservatrices et un système institutionnel verrouillé.

Bhumjaithai, l’ascension d’un parti conservateur

Le parti Bhumjaithai, mené par Anutin Charnvirakul, est sorti grand vainqueur du scrutin avec près de 200 sièges, contre seulement 71 en 2023. Ce succès illustre la transformation d’un parti longtemps perçu comme périphérique en pivot central du système. Sa stratégie d’ancrage territorial, son contrôle de ministères clés, sa soumission à l’armée et son influence sur les organisations locales lui ont permis de s’imposer comme garant de la stabilité. Mais cette stabilité s’accompagne d’un verrouillage institutionnel qui réduit l’espace pour les réformes démocratiques.

Pheu Thai, l’échec d’une reconquête

Le Pheu Thai, héritier du clan Shinawatra, n’a obtenu que 74 sièges, contre 141 en 2023. Miné par l’incarcération « oportune » de Thaksin et fragilisé par de pseudo scandales, le parti a perdu sa crédibilité. Ses propositions populistes, comme une loterie quotidienne, n’ont pas convaincu. Cette défaite marque l’effacement d’une force qui incarnait autrefois une alternative populaire au conservatisme.

Le Parti du peuple, victime de ses choix

Le Parti du peuple (PP), successeur de Move Forward, a lui aussi reculé, passant de 151 sièges en 2023 à environ 110. Ses erreurs stratégiques pèsent lourd : en soutenant Anutin comme Premier ministre intérimaire en 2025, il a contribué à renforcer son adversaire. Divisions internes, abandon de thèmes mobilisateurs (réforme de la loi 112) et enfermement dans une logique militante ont accentué son isolement. Même sa domination à Bangkok ne suffit pas à compenser son incapacité à séduire les provinces.

Le scrutin a également vu le Parti démocrate stabiliser son électorat et le nouveau venu Kla Tham entrer au Parlement avec 58 sièges. Mais ces deux formations ne constituent pas des forces de changement. Le premier, traditionnellement royaliste et conservateur, reste attaché au statu quo institutionnel. Le second, opportuniste et proche de tous les centres de pouvoir, s’est construit comme un véhicule électoral plus que comme un parti porteur de projet. Ni l’un ni l’autre ne vont réclamer davantage de démocratie : leur présence au Parlement renforce au contraire l’ancrage conservateur du système.

Le rôle du Sénat déjà noyauté par Bhumjaithai

Le Sénat, dont les membres sont largement acquis aux intérêts de Bhumjaithai, joue un rôle décisif dans la nomination des membres des corps qui possèdent le pouvoir de dissoudre les partis et bannir les opposants. Le Sénat possède aussi un rôle de nuisance dans le processus de réforme constitutionnelle. Ce verrou institutionnel empêche toute alternance réelle : même si les partis progressistes gagnaient du terrain, leurs initiatives seraient bloquées par une Chambre haute alignée sur les conservateurs.

Les obstacles à la nouvelle constitution

Le référendum constitutionnel a validé à 58 % l’ouverture d’un processus de réécriture de la Constitution de 2017. Mais les obstacles sont nombreux : majorité qualifiée au Parlement, comité de rédaction contrôlé par les forces dominantes, et nouveaux référendums à organiser. Dans ce cadre, les chances de voir émerger une réforme substantielle sont minces. Les dispositifs centraux du système – rôle du Sénat, poids de l’armée, mécanismes de contrôle – apparaissent peu susceptibles d’être remis en cause.

L’armée, gagnante sans coup d’État

Pour l’armée, la situation est idéale : elle bénéficie des avantages d’un coup d’État sans en avoir les inconvénients. Anutin obéit aux militaires, leur laissant une influence décisive sur les affaires sécuritaires et institutionnelles, tout en évitant le coût politique d’une prise de pouvoir directe. Ce compromis renforce le conservatisme du système et affaiblit encore la perspective d’une démocratie ouverte.

Une démocratie en recul

En somme, la Thaïlande s’éloigne d’un horizon démocratique. Les partis progressistes sont affaiblis, les forces conservatrices renforcées, et le système institutionnel reste conçu pour limiter les réformes. La fracture entre Bangkok et les provinces s’accentue, tandis que les promesses de participation et de pluralisme s’effacent derrière un discours de stabilité et d’ordre.

Des réformes indispensables

Des pays peu réputés pour leur ouverture démocratique, comme le Vietnam ou la Chine, parviennent pourtant à maintenir une croissance soutenue. Leur secret : ils n’ont pas peur du dynamisme ni des réformes structurelles, qu’il s’agisse d’éducation, d’innovation ou de modernisation industrielle.

À l’inverse, la Thaïlande reste frileuse. Elle refuse de s’attaquer aux blocages institutionnels et sociaux qui freinent son développement. Sans réformes en profondeur – notamment dans l’enseignement, la justice, la fiscalité et la lutte contre la corruption – le pays restera prisonnier du piège des pays à revenus intermédiaires. Son économie risque de stagner durablement, incapable de rivaliser avec ses voisins plus audacieux.

En refusant le changement, la Thaïlande se condamne elle-même : une démocratie verrouillée, une économie bridée, et un avenir qui s’éloigne. Pire, les autorités ont décidé de poursuivre les électeurs qui ont dénoncé des irrégularités.

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