
Un nouveau scandale secoue la Thaïlande : des centaines de victimes ont déposé plainte auprès du Central Investigation Bureau (CIB), accusant un homme d’affaires d’avoir orchestré une escroquerie en cryptomonnaies évaluée à plus de 1,3 milliard de bahts. L’affaire prend une dimension médiatique supplémentaire puisque le suspect serait marié à une actrice de télévision bien connue.
Promesses de rendements extravagants
À la tête du mouvement des plaignants, Tankhun Jitt-itsara, président du Santiprachadham Club, a conduit les victimes au bureau de la division de suppression des crimes économiques. Selon lui, un certain “Ackmee Worawat” aurait convaincu des investisseurs d’acheter des jetons numériques baptisés WOWBiT et ACET ONLY, en promettant des rendements jusqu’à 500 fois supérieurs à la mise initiale. On ne sait pas si, dans la réalité, de tels taux existent.
Les investisseurs pensaient pouvoir retirer leurs fonds le 1er mars. Mais au moment de l’échéance, impossible de récupérer l’argent. Le suspect aurait d’abord évoqué un piratage du système, puis des blocages liés à des régulations internationales sur le blanchiment d’argent.
Un passé judiciaire déjà chargé
Tankhun affirme que des vérifications ont révélé que l’homme était déjà visé par un mandat d’arrêt en 2025 pour fraude publique. Les enquêteurs pensent qu’il a depuis fui vers les Émirats arabes unis. Les accusations pourraient relever de plusieurs lois : décret d’urgence sur les emprunts frauduleux, Computer Crime Act et législation anti-blanchiment, ouvrant la voie à une saisie de ses biens.
Le dossier avance lentement, en partie parce que de nombreux plaignants n’ont pas conservé de preuves tangibles de leurs transactions (sic !).
Une répression accrue contre les comptes “mules”
Ce scandale survient alors que la Thaïlande intensifie sa lutte contre les crimes financiers liés aux actifs numériques. Sans que cette information soit liée à l’arnaque expliquée plus haut, 10 000 comptes crypto ont été gelés en 2026, soupçonnés de servir au blanchiment d’argent. Cette opération s’inscrit dans une collaboration entre la Commission des valeurs mobilières, la Banque de Thaïlande, le Bureau central d’enquête et l’association bancaire.
En 2025 déjà, près de 47 692 comptes avaient été bloqués dans le cadre de cette campagne. Les autorités veulent ainsi freiner les escroqueries et les flux illégaux qui prolifèrent dans le secteur des cryptomonnaies.
Victimes en quête de justice
Pour les plaignants, l’enjeu est désormais de récupérer une partie de leurs fonds et de voir la justice avancer. “Nous demandons des mesures concrètes contre ceux qui profitent de la crédulité des gens”, insiste Tankhun.
Cette affaire illustre la vulnérabilité des investisseurs face aux promesses irréalistes de gains rapides. Elle souligne aussi la nécessité d’un encadrement plus strict des plateformes et d’une sensibilisation accrue du public.
La Thaïlande, déjà confrontée à une explosion des escroqueries numériques, tente de renforcer son arsenal juridique et ses moyens de contrôle. Mais pour les victimes de l’arnaque WOWBiT et ACET ONLY, le chemin vers la réparation s’annonce long et incertain.



