
Un cargo battant pavillon thaïlandais a été la cible d’un projectile alors qu’il traversait le détroit d’Ormuz, mercredi 11 mars. L’incident, confirmé par la Royal Thai Navy, s’inscrit dans une série d’attaques visant des navires commerciaux dans cette zone stratégique.
Le Mayuree Naree Bangkok, opéré par la société Precious Shipping basée à Bangkok, transportait 23 membres d’équipage. Selon l’amiral Thadawut Thatphitakkul, vingt marins ont pu être évacués avec l’aide des autorités omanaises, tandis que trois autres sont restés à bord pour des vérifications de sécurité. Aucun décès n’a été signalé.
Le projectile aurait touché l’arrière du navire, provoquant un départ de feu rapidement maîtrisé. Les marins secourus ont été conduits à terre, à Khasab, au nord d’Oman. Les autorités thaïlandaises précisent que l’origine de l’attaque et l’identité des responsables demeurent inconnues.
Une série d’incidents en quelques heures
Le Mayuree Naree n’est pas le seul navire visé ce jour. Des sociétés de sécurité maritime rapportent que deux autres cargos ont été frappés par des projectiles dans la région. Le ONE Majesty, battant pavillon japonais, a subi des dommages mineurs au nord-ouest de Ras Al Khaimah. Le Star Gwyneth, enregistré aux Îles Marshall, a été touché au large de Dubaï. Dans les deux cas, les équipages sont indemnes.
Le Royaume-Uni Maritime Trade Operations (UKMTO) a confirmé avoir reçu plusieurs signalements d’attaques dans le détroit d’Ormuz, dont celui concernant le navire thaïlandais. Les autorités britanniques ont indiqué qu’un incendie avait été déclenché à bord avant d’être maîtrisé, sans impact environnemental.
Une zone sous tension
Le détroit d’Ormuz est l’un des passages maritimes les plus sensibles au monde. Environ 20 % des flux mondiaux de pétrole et de gaz y transitent chaque jour. Depuis la recrudescence des tensions liées au conflit impliquant l’Iran fin février, au moins 14 navires auraient été ciblés dans la région, selon des données compilées par Reuters.
Ces attaques, dont les auteurs restent non identifiés, alimentent les inquiétudes des compagnies maritimes et des États riverains. Les forces navales internationales, dont la Thaïlande via ses officiers déployés à Bahreïn, multiplient les efforts de coordination pour sécuriser la zone.
Alors que l’enquête se poursuit, Bangkok assure suivre de près la situation et maintenir un contact permanent avec ses partenaires régionaux afin de garantir la sécurité de ses ressortissants en mer.
Si l’enquête devait établir que l’attaque a été menée par des forces iraniennes, quelle que soit leur unité, cela démontrerait qu’en dépit des bombardements, Israël et les États-Unis n’ont pas remporté la guerre. En effet, avec le détroit d’Ormuz bloqué, c’est l’économie mondiale qui se retrouve à genoux.



