
Mise à jour. Dimanche soir, on apprenait que les autorités militaires, invoquant la loi martiale, ont annoncé l’instauration d’un couvre-feu de 21h à 5h dans la province de Narathiwat.
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Onze stations-service PTT ont été la cible d’attentats à la bombe dans les provinces frontalières du sud de la Thaïlande, tôt dimanche 11 janvier. Les explosions, suivies d’incendies, ont touché Narathiwat, Pattani et Yala. Si aucun blessé n’a été signalé dans l’immédiat, les dégâts matériels sont considérables et les autorités ont placé la région sous haute surveillance.
Des attaques coordonnées
Selon l’Internal Security Operations Command (ISOC), « des personnes mal intentionnées » ont visé simultanément plusieurs sites. Cinq stations ont été frappées dans la province de Narathiwat, deux dans celle de Pattani et quatre dans celle de Yala. À Cho Airong, l’une des stations détruites n’était ouverte que depuis quelques mois. Les pompiers ont rapidement été mobilisés pour maîtriser les flammes, tandis que les forces de sécurité bouclaient les périmètres.
Appel au calme
Le ministre de la Défense, le général Natthaphon Narkphanit, a exhorté la population à garder son sang-froid. « Les zones touchées ont été sécurisées et une évaluation détaillée est en cours », a-t-il déclaré. De son côté, le commandant de la Quatrième région militaire, le lieutenant-général Norathip Phoynok, a ordonné une vigilance maximale et convoqué une réunion d’urgence avec les agences concernées. Les habitants sont invités à éviter les stations-service, à rester attentifs aux comportements suspects et à ne se fier qu’aux informations officielles.
Mesures de sécurité accrues
L’ISOC Région 4 a publié un avis demandant aux résidents de limiter leurs déplacements vers les stations-service et de signaler toute activité inhabituelle. Deux numéros d’urgence, accessibles 24h/24, ont été mis en place pour recueillir les signalements. L’organisme a également mis en garde contre la diffusion de rumeurs ou d’informations non vérifiées, susceptibles d’alimenter la confusion.
Le ministère de l’Énergie en première ligne
Face à ces attaques, le ministère de l’Énergie a ordonné un renforcement immédiat de la sécurité dans toutes les stations-service et infrastructures énergétiques stratégiques du sud. Veerapat Kiattifuengfu, secrétaire permanent adjoint et porte-parole du ministère, a assuré que des inspections des stocks de carburant étaient en cours afin d’éviter toute pénurie. Des plans d’urgence ont été élaborés pour garantir l’approvisionnement, même en cas de routes bloquées ou de restrictions de transport. « Nous disposons de réserves suffisantes et avons mis en place des mesures pour protéger le personnel et les clients », a-t-il affirmé.
Réaction de PTT Oil and Retail
PTT Oil and Retail Public Company Limited (OR), exploitant des stations PTT, a exprimé son soutien aux communautés affectées. L’entreprise coopère étroitement avec les autorités pour évaluer les dégâts et rétablir la situation au plus vite. Elle insiste sur la priorité donnée à la sécurité de ses employés et des usagers.
Une région sous tension
Ces attaques rappellent la fragilité sécuritaire des provinces frontalières du sud, régulièrement touchées par des violences liées à l’insurrection séparatiste. Les autorités thaïlandaises, qui multiplient les appels au calme, veulent éviter une panique généralisée et maintenir la confiance de la population dans les dispositifs de sécurité. Pour l’heure, l’enquête se poursuit afin d’identifier les auteurs et leurs motivations.



