
Vendredi 16 janvier, Bangkok s’est réveillée sous un voile de pollution particulièrement dense. À 7h du matin, le Centre de données sur la qualité de l’air a relevé une moyenne de 57,3 µg/m³ de particules fines PM2.5, bien au-dessus du seuil de sécurité fixé à 37,5 µg/m³ (25 µg/m³ en France). Dans certains quartiers, la situation est alarmante : Bang Rak affiche 75,8 µg/m³, Lat Krabang 75,5 µg/m³, Pathum Wan 73,7 µg/m³ ou encore Chatuchak 70,9 µg/m³, voire 90 µg/m³ dans une école maternelle de Phaya Thai.
Les zones les plus touchées couvrent l’ensemble de la capitale : du nord (53,5 – 70,9 µg/m³) à l’est (51,0 – 75,5 µg/m³), en passant par le centre (43,7 – 62,8 µg/m³) et le sud (51,5 – 75,8 µg/m³). Partout, l’air est classé dans la catégorie « orange », synonyme de risques pour la santé.
Consignes sanitaires renforcées
Les autorités recommandent à la population de porter un masque filtrant PM2.5 lors des sorties, de limiter les activités physiques en extérieur et de surveiller l’apparition de symptômes tels que toux, difficultés respiratoires ou irritations oculaires. Les groupes vulnérables – enfants, personnes âgées, malades chroniques – sont invités à éviter toute activité en plein air et à consulter un médecin en cas de malaise.
Un phénomène aggravé par la météo
Selon la porte-parole adjointe du gouvernement, Lalida Persvivatana, la hausse brutale des particules fines observée depuis mercredi s’explique par des conditions atmosphériques défavorables : air stagnant et faible ventilation, qui empêchent la dispersion des polluants. Une légère amélioration est attendue après ce vendredi, mais la vigilance reste de mise.
Mesures d’urgence
Face à cette crise, le gouvernement appelle, comme à chaque fois, à un renforcement des contrôles sur les sources de pollution, à l’interdiction des brûlages à ciel ouvert et à l’extension du télétravail pour réduire le trafic. Le Département de contrôle de la pollution a reçu pour mission de coordonner ses actions avec les provinces voisines et la municipalité de Bangkok, notamment via des zones à faibles émissions.
La Thaïlande a également sollicité la coopération de l’ASEAN afin de lutter contre le brouillard transfrontalier, qui accentue les épisodes de pollution.
En attendant, les habitants de Bangkok doivent composer avec un air irrespirable, transformant la capitale en véritable chambre à poussière pendant les mois d’hiver. Jamais aucun gouvernement ni aucun gouverneur de la ville n’a pu améliorer la situation. Seul un coup de vent arrivant de la mer peut assainir la situation.
Notons que pendant neuf mois sur douze, l’air de la capitale est parfaitement sain.



