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Corruption en Thaïlande : de pire en pire selon le dernier classement

Geo Valin 11 Fév 2026
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La Thaïlande vient de subir un nouveau revers sur l’indice de perception de la corruption (CPI) publié par Transparency International. Avec un score de 33/100 en 2025, le pays se classe désormais 116e sur 182, derrière le Laos et le Vietnam, deux voisins longtemps considérés comme plus vulnérables. C’est le plus mauvais résultat en près de vingt ans, confirmant une tendance à la baisse continue depuis 2022.

Un recul inquiétant

Entre 2012 et 2021, la Thaïlande oscillait entre 35 et 38 points. Depuis, la chute est constante : 36 en 2022, 34 en 2024, et désormais 33. Dans la région Asie‑Pacifique, la moyenne est de 45, ce qui souligne l’ampleur du problème. La Thaïlande se retrouve ainsi parmi les pays les plus fragiles en matière de gouvernance, loin derrière Singapour (84), la Nouvelle‑Zélande (81) ou encore l’Australie (77).

Un coût économique colossal

Le secteur privé tire la sonnette d’alarme. Selon la Fédération des industries thaïlandaises, la corruption représente une perte annuelle estimée à 500 milliards de bahts, notamment dans les marchés publics où les « dessous‑de‑table » atteignent parfois 20 à 30 % de la valeur des projets. Les économistes estiment que la corruption fait perdre jusqu’à 2 % de PIB par an. Sans elle, la croissance pourrait grimper à 4 %, permettant au pays de se débarrasser de son image de « homme malade de l’Asie ».

Des politiques absentes

Pour Mana Nimitmongkol, président de l’Anti‑Corruption Organisation of Thailand (ACT), la responsabilité est claire : « Les trois derniers gouvernements n’ont mené aucune politique sérieuse contre la corruption. » Il dénonce un problème structurel enraciné dans la bureaucratie et un système judiciaire incapable de garantir la transparence. Selon lui, l’absence de réformes a encouragé les pratiques frauduleuses, les acteurs publics et privés se sentant libres de contourner les règles.

Les ministres Bumjaithai sous les gouvernements Prayut puis ceux du Pheu Thai ont été éclaboussés par des scandales de corruption. On ne sait pas si un gouvernement Bumjaithai saura lutter contre ce fléau.

Une crise de confiance

Au‑delà des chiffres, c’est la confiance des citoyens et des investisseurs qui s’effrite. Les irrégularités dans les marchés publics, le manque de transparence et l’absence de sanctions crédibles nourrissent un sentiment d’impunité. Les jeunes, en particulier, expriment leur colère dans la rue, comme ailleurs en Asie, où la corruption est devenue un catalyseur de contestation.

Et maintenant ?

La Thaïlande se retrouve dans une situation délicate : sans réforme structurelle, les mesures de relance économique risquent de rester lettre morte. Le secteur privé appelle à un plan « zéro corruption » pour transformer les campagnes de sensibilisation en actions concrètes. Mais tant que la gouvernance restera faible et que la justice ne sera pas en mesure de sanctionner efficacement, le pays risque de s’enfoncer davantage.

Avec un score désormais inférieur à celui du Laos et du Vietnam, la Thaïlande voit sa compétitivité et sa crédibilité internationale sérieusement menacées. 81e le Vietnam pourrait attirer davantage d’investisseurs que la Thaïlande 116e. La question n’est plus de savoir si la corruption est un problème, mais si le pays a encore la volonté politique de l’affronter.

La Suisse est 6e, le Canada 16e, la Belgique 21e et la France 27e. Les premières places du classement sont occupées par les pays scandinaves, aux côtés de la Nouvelle‑Zélande et de Singapour. Cette présence démontre qu’il n’existe aucune fatalité régionale : un pays asiatique peut figurer parmi les moins corrompus. Si la Thaïlande reste engluée dans ce fléau, ce n’est pas une question de culture, mais bien le résultat d’une absence de volonté politique.

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