Infographie Bangkok Issight
À Thanyaburi, une équipe de l’Université Rajamangala de Technologie vient de présenter une innovation qui illustre parfaitement l’économie circulaire : extraire du calcium des rebuts de poisson pour en faire des comprimés destinés à la santé humaine.
Valoriser l’inutile
Sous la direction du professeur associé Watchara Damjuti, les chercheurs ont mis au point un procédé écologique permettant de purifier le carbonate de calcium contenu dans les têtes, arêtes, écailles et queues de tilapia noir, la fameuse espèce envahissante. Ces parties, généralement considérées comme des déchets, deviennent ainsi la matière première d’un complément baptisé « SARO Calcium Plus ». Les analyses confirment une teneur en calcium de 12 à 15 %, comparable à celle obtenue à partir de poissons plus nobles, comme le saumon, et sans contamination par métaux lourds ou microbes.
Un besoin nutritionnel réel
En Thaïlande, l’apport recommandé est d’environ 1 000 mg de calcium par jour. Or, la consommation de produits laitiers reste faible, ce qui entraîne des carences fréquentes. Le nouveau complément pourrait donc offrir une alternative accessible, notamment pour les personnes âgées, afin de renforcer os et dents, prévenir l’ostéoporose et soutenir le bon fonctionnement musculaire et nerveux.
Des applications variées
Au‑delà des comprimés, le bio‑calcium extrait pourrait être utilisé dans des produits de soins, comme le dentifrice, ou dans d’autres applications médicales et industrielles. Les chercheurs soulignent que leur méthode réduit aussi les nuisances liées aux déchets de poisson : odeurs, eaux usées et pollution. L’industrie de la transformation halieutique y trouve un moyen de limiter son impact environnemental tout en créant de la valeur ajoutée.
Une tendance mondiale
L’idée de valoriser les rebuts de poisson n’est pas nouvelle : dans plusieurs pays, des projets similaires exploitent arêtes ou coquilles pour produire collagène ou poudres minérales. Mais l’initiative thaïlandaise se distingue par son approche intégrée, combinant recherche médicale, durabilité et innovation locale tout en utilisant les restes d’une espèce invasive.
Science et société
Pour Watchara Damjuti, cette découverte illustre la capacité de la recherche à transformer un problème en opportunité : « Nous avons vu une chance de convertir une biomasse sous‑utilisée en produit nutritionnel de grande valeur. » En clair, ce projet montre comment la science peut répondre à la fois aux besoins de santé publique et aux défis environnementaux.



