
La guerre au Moyen-Orient continue de perturber gravement le trafic aérien international. La fermeture de plusieurs espaces aériens a entraîné l’annulation de nombreux vols reliant l’Asie à l’Europe. Résultat : des centaines de voyageurs se retrouvent coincés à l’étranger, sans solution immédiate de rapatriement.
À Phuket, la famille Buard, originaire de La Glacerie dans la Manche, vit cette situation depuis le 28 février. Leur vol retour via Abou Dhabi a été annulé dans une confusion totale à l’aéroport. Après des heures d’attente sans explications, une annonce sèche a confirmé l’annulation. Depuis, silence radio de la compagnie aérienne. Les Buard se sentent abandonnés et peinent à trouver une alternative. Les billets disponibles affichent des prix exorbitants, parfois quatre fois supérieurs à la normale, rendant tout retour impossible. Le quotidien de la famille est bouleversé : les enfants ratent cours et examens, tandis que les parents subissent des pertes de salaire.
Même scénario pour un groupe de 35 touristes belges, également bloqués en Thaïlande. Relogés par leur tour-opérateur, ils doivent assumer une partie des frais malgré des promesses initiales de prise en charge. Deux options leur sont proposées : repartir ce week-end par Dubaï, ce qui inquiète en raison de l’instabilité régionale, ou attendre jusqu’au 15 mars. Beaucoup cherchent une solution intermédiaire, en rejoignant Bangkok pour trouver un vol évitant la zone sensible. Mais les billets alternatifs coûtent près de 2000 euros, qu’ils devront avancer en espérant un remboursement.
À Plougonvelin, dans le Finistère, Yann et Laurie Guéguen et leurs deux filles connaissent la même mésaventure. Partis le 14 février pour des vacances en Thaïlande, ils auraient dû rentrer le 1er mars. Leur vol annulé les laisse livrés à eux-mêmes, sans solution claire de rapatriement. Leur séjour imprévu se prolonge au « pays du sourire », mais dans une incertitude pesante.
La crise touche aussi d’autres destinations. Louise, 31 ans, est bloquée à l’île Maurice, confrontée à des billets allant jusqu’à 3 500 euros pour rentrer à Paris. Léo, lui, attend à Bangkok après l’annulation de son vol Etihad via Abou Dhabi. Certains voyageurs ont payé jusqu’à 5 000 euros pour rentrer en urgence. Les prises en charge varient selon les compagnies : Qatar Airways assure hébergement et repas à ses passagers, tandis que d’autres se limitent aux trois premières nuits, conformément à la réglementation européenne.
Ce vendredi 6 mars, la désorganisation reste majeure. Les escales dans les grands hubs du Golfe, comme Dubaï, Doha ou Abou Dhabi, sont les plus touchées. Emirates et Etihad reprennent partiellement leurs vols, mais avec de nombreux retards. Qatar Airways suspend presque toutes ses liaisons. Les vols directs Air France et Thai Airways sont maintenus, mais rallongés de 1h30 à 3h pour contourner les zones de conflit, entraînant des retards en cascade.
En Thaïlande, le gouvernement a suspendu les amendes pour dépassement de séjour et l’ambassade de France à Bangkok a ouvert une cellule de suivi. Malaysia Airlines, de son côté, confirme la continuité totale de ses opérations vers Paris et Londres. Mais pour les familles bloquées, l’incertitude demeure.



