
Depuis plusieurs jours, les habitants du village de Ban Tak Fa, dans la province de Kamphaeng Phet, vivent dans la crainte. Un tigre, descendu du parc national de Mae Wong, a été aperçu à plusieurs reprises aux abords des maisons. Le 28 février, l’animal a pénétré dans un enclos, tuant une truie ou une laie en captivité et emportant un porcelet.
Le propriétaire, un homme de 79 ans, raconte avoir entendu ses cochons crier avant de découvrir le félin en pleine attaque. Effrayé par les lumières et les villageois accourus, le tigre s’est enfui dans un champ de canne à sucre voisin. Mais il est revenu quelques heures plus tard pour traîner la carcasse de la truie, preuve qu’il reste dans les parages. Les empreintes relevées montrent que l’animal mesure près de deux mètres de long pour un mètre de haut, ce qui laisse penser qu’il est adulte.
Face à l’inquiétude des habitants, les autorités locales ont déployé des patrouilles et installé des pièges photographiques pour identifier le tigre et analyser son comportement. Selon les experts, il pourrait s’agir d’un jeune mâle en quête de territoire au-delà du parc national. L’objectif est de le repousser vers la forêt profonde afin d’éviter tout contact prolongé avec les humains.
Ce n’est pas un cas isolé. En décembre dernier, un tigre avait été aperçu près d’un point de vue touristique dans la province de Nakhon Ratchasima.
Encore plus récemment, le 24 février, un autre tigre a tué trois vaches dans la forêt de Doi Inthanon, à Chiang Mai. Là encore, les autorités ont dû intervenir en urgence, craignant qu’il ne s’agisse d’un animal échappé d’un enclos.
Ces incidents rappellent la fragilité de la cohabitation entre faune sauvage et communautés rurales. La Thaïlande abrite encore une population de tigres estimée à quelques centaines d’individus, concentrés dans les parcs nationaux. Mais la pression sur leur habitat, combinée à la raréfaction des proies, pousse certains à s’aventurer près des villages.



