
Bangkok — Deux affaires survenues dans la province de Prachin Buri mettent une nouvelle fois en lumière les violences subies par les conscrits thaïlandais. La première concerne une vidéo devenue virale, montrant un sergent forçant un jeune soldat à ramper dans une fosse septique avant de le frapper à coups de bâton. La seconde, plus dramatique, implique la mort d’un militaire dont les circonstances restent floues.
La séquence diffusée vendredi par Nitchanan Wangkahat, ancienne candidate du Parti du peuple, a provoqué un tollé. On y voit le sergent Natthakul Phakdee infliger une punition jugée “au‑delà des règles disciplinaires”. Les gaz émanant des fausses sceptiques sont mortels. L’armée a confirmé l’authenticité des images et annoncé des poursuites pénales et disciplinaires. Le conscrit concerné a déposé plainte auprès de la police. Selon les premiers éléments, il aurait été sanctionné pour être rentré en retard au camp.
Quelques jours plus tôt, la famille d’un autre soldat, Phetcharat, avait demandé des explications après sa mort soudaine. Officiellement, l’armée évoque une crise cardiaque. Mais la découverte d’une cuillère en acier inoxydable dans ses cendres après la crémation a semé le doute. Des témoins anonymes affirment qu’il aurait été violemment frappé par un supérieur. Sa tante souligne qu’il ne souffrait d’aucune maladie connue et travaillait normalement dans l’entreprise familiale avant son service.
Le père du soldat déplore également n’avoir reçu aucune compensation, malgré les promesses de l’armée. L’affaire a pris de l’ampleur après que Nitchanan Wangkahat s’est saisie du dossier, recueillant plusieurs témoignages concordants. Le ministre de la Défense, Natthaphon Narkphanit, a promis une enquête et assuré que, si des violences étaient confirmées, les responsables seraient poursuivis en vertu de la loi sur la prévention de la torture et des disparitions forcées.
Ces deux affaires rappellent les nombreux cas d’abus recensés dans l’armée thaïlandaise, parfois mortels. Les ONG et la Commission nationale des droits de l’homme travaillent actuellement avec l’armée et la marine pour établir un cadre visant à améliorer le traitement des conscrits. Les promesses de réforme se succèdent, mais les pratiques brutales semblent perdurer.
Au‑delà des enquêtes en cours, ces révélations relancent un débat plus large sur la culture militaire en Thaïlande, où le service obligatoire expose chaque année des milliers de jeunes hommes à des risques de violences. Pour les familles, la priorité reste la transparence et la justice. Pour l’armée, il s’agit de restaurer une confiance mise à mal par des affaires qui ternissent son image et interrogent sur la protection réelle des conscrits.



