
La Thaïlande rêve grand. Un projet de parc à thème de 100 milliards de bahts, baptisé « Disneyland Thaïlande », agite le secteur touristique et financier. L’idée : créer une attraction phare capable de rivaliser avec les mastodontes régionaux et d’ancrer le pays dans une nouvelle stratégie de développement.
Contrairement au modèle de Hong Kong Disneyland, détenu en partie par Disney, Bangkok s’oriente vers l’exemple japonais. Tokyo Disneyland est géré par l’Oriental Land Company, qui finance et exploite le parc sous licence, tandis que Disney se contente de fournir ses marques et de percevoir des royalties. Le projet thaïlandais reprend ce schéma : les investisseurs locaux porteraient les coûts de construction, d’exploitation et d’acquisition de terrains, Disney se limitant à l’apport de son univers.
Au-delà du symbole, l’enjeu est économique. Le parc serait implanté dans le Couloir économique de l’Est (CEE), autour de Pattaya, une région déjà ciblée par les autorités pour devenir un hub touristique et industriel. L’objectif est clair : dynamiser le secteur des services, attirer des visiteurs à haut pouvoir d’achat et prolonger leur séjour, au-delà des plages et des temples.
Mais ce rêve pourrait vite tourner au cauchemar si les infrastructures ne suivent pas. Le CEE souffre encore de retards dans ses projets de TGV, censés relier Bangkok à Pattaya, et l’approvisionnement en eau courante reste fragile dans certaines zones. Sans transport rapide ni services de base fiables, un parc de cette envergure risque de se heurter à des limites pratiques et à une mauvaise expérience pour les visiteurs.
Les autorités insistent sur la diversification des revenus touristiques, alors que le pays dépend encore largement des séjours balnéaires et culturels. Un « Disneyland Thaïlande » offrirait une vitrine mondiale et un levier économique puissant. Mais les analystes préviennent : sans infrastructures solides, le projet pourrait s’effondrer sous son propre poids.
En somme, la Thaïlande mise sur Tokyo plutôt que Hong Kong pour bâtir son rêve de parc géant. Reste à savoir si les rails du TGV et les réseaux d’eau seront prêts à soutenir ce pari colossal.



