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Les climatologues surveillent de près le Pacifique équatorial : des signaux précoces laissent penser qu’El Niño pourrait revenir au second semestre 2026 et se prolonger jusqu’à l’hiver 2026–2027. Pour la Thaïlande, ce scénario n’est pas anodin. Le pays, déjà marqué par des épisodes de chaleur extrême et de pollution atmosphérique, pourrait voir ses vulnérabilités climatiques s’aggraver.
El Niño, phase chaude du cycle ENSO, entraîne une hausse des températures mondiales et bouleverse les régimes de pluie. En Thaïlande, cela se traduit souvent par des sécheresses sévères, une baisse des rendements agricoles et une pression accrue sur les ressources en eau. Les analystes rappellent que plusieurs crises de la mousson en Asie du Sud-Est ont été liées à ce phénomène.
Actuellement, une faible La Niña persiste encore, mais les anomalies de température dans le Pacifique montrent un réchauffement progressif. Sous la surface, des poches d’eau chaude s’accumulent, signe que la transition vers El Niño est en cours. Les modèles saisonniers prévoient un basculement dès l’été 2026, avec une intensité jugée modérée pour l’instant. Mais les experts avertissent : ces épisodes se révèlent souvent plus puissants que prévu.
Pour la Thaïlande, les conséquences pourraient être multiples. Les vagues de chaleur risquent de s’intensifier dans les grandes villes comme Bangkok, aggravant les problèmes de santé publique liés aux particules fines PM2.5. Les provinces agricoles du Nord et du Nord-Est pourraient subir des sécheresses prolongées, affectant la production de riz et de manioc, piliers des exportations. Dans le Sud, la combinaison de températures élevées et de conditions plus sèches accroît le risque d’incendies de forêt et de dégradation des mangroves.
Les autorités thaïlandaises devront anticiper. Le Département météorologique (TMD) et le ministère de l’Agriculture sont appelés à renforcer les systèmes d’alerte et à préparer des plans de gestion de l’eau. Les experts insistent aussi sur la nécessité de protéger les écosystèmes, qui jouent un rôle crucial dans la résilience climatique : forêts, zones humides et mangroves offrent des services naturels de régulation et de stockage du carbone.
Si El Niño se confirme, 2026 pourrait être une année charnière pour la Thaïlande, entre défis agricoles, sanitaires et environnementaux. Le pays devra conjuguer vigilance et adaptation pour limiter les impacts d’un phénomène climatique qui, une fois encore, rappelle la fragilité de la région face au réchauffement global.



