
Bangkok — Le marché du travail thaïlandais a montré des signes contradictoires au quatrième trimestre 2025. Selon le Conseil national de développement économique et social (NESDC), le nombre total d’emplois a reculé de 0,9 % par rapport à la même période en 2024, pour atteindre 39,8 millions de personnes. Pourtant, le taux de chômage officiel a baissé à 0,7 %, soit environ 280 000 individus.
La contraction est principalement due au secteur agricole, qui a perdu 3,4 % de ses emplois. À l’inverse, l’emploi non agricole a légèrement progressé (+0,2 %), porté par les transports et l’entreposage (+3,2 %) ainsi que par l’industrie manufacturière (+1,2 %). Mais d’autres secteurs clés, comme la construction, l’hôtellerie-restauration et le commerce de gros et de détail, ont enregistré des baisses notables.
Derrière ces chiffres se cache une réalité plus préoccupante : le nombre de travailleurs licenciés ou touchés par des fermetures d’entreprises a bondi de 18,1 %. Le phénomène de “quasi‑chômage” — personnes travaillant moins de 24 heures par semaine — a également progressé (+0,5 %), surtout dans l’agriculture.
Sur l’ensemble de l’année 2025, le taux d’emploi s’est établi à 99,1 %, supérieur à celui de 2024. Mais le volume total d’actifs occupés a reculé à 39,6 millions, soit une baisse de 0,5 %. Ce phénomène s’explique, car le nombre d’actifs en Thaïlande baisse en même temps que la population. Moins d’emplois, mais aussi moins de travailleurs, donc moins de chômage.
Le chômage annuel s’est établi à 0,81 %, un niveau largement inférieur au seuil généralement retenu par les économistes pour définir le plein emploi, situé entre 3 et 5 %
Face à ces tendances, les autorités mettent en avant deux priorités. D’abord, renforcer les liens entre investissements étrangers et entreprises locales, afin de stimuler l’embauche et le transfert de technologies, y compris dans les PME. Le NESDC suggère d’élargir les conditions fixées par le Board of Investment pour favoriser l’emploi local. Ensuite, répondre aux inquiétudes liées à l’essor de l’intelligence artificielle. Le conseil recommande d’établir des règles claires sur son usage et de développer des formations numériques et en IA pour les travailleurs, afin de limiter les risques de précarisation.
En résumé, si la Thaïlande affiche un chômage faible, la baisse du nombre d’emplois et la montée des licenciements rappellent la fragilité du marché du travail. Les défis à venir se situent autant dans la modernisation des compétences que dans la capacité à sécuriser les parcours professionnels face aux mutations technologiques. À date, aucun gouvernement ne s’est soucié d’améliorer les compétences des Thaïlandais ni d’adapter la formation professionnelle aux exigences du monde moderne.
Toujours est-il que la Thaïlande manque de main‑d’œuvre pour soutenir la taille de son économie et emploie environ trois millions de travailleurs migrants pour « faire tourner » le royaume.



