Caméra de vidéosurveillance dans le bureau de vote de Chonburi opportunément en panne.
La Commission électorale (CE) a clos le dossier du scrutin législatif en refusant d’ordonner un recomptage des voix dans la circonscription 1 de Chon Buri. Une décision qui, loin d’apaiser les tensions, nourrit les soupçons et alimente la contestation.
Des protestations persistantes
Plusieurs groupes, dont Thaligaz et le United Front of Thammasat and Demonstration, appellent à un recomptage national. Un rassemblement est prévu à Bangkok le 14 février. Les manifestants dénoncent des irrégularités : coupure de courant lors du dépouillement, incohérences entre électeurs et bulletins, et documents retrouvés dans une poubelle.
La CE assure que la panne d’électricité n’a duré que 40 minutes et qu’aucune objection n’avait été formulée sur place. Elle affirme aussi que les bulletins et formulaires n’étaient pas abandonnés, mais en cours de transfert entre deux bâtiments. Pourtant, des observateurs comme iLaw rappellent que les règles imposent de sceller les urnes avec des attaches et de signer les scellés, ce qui n’a pas été respecté.
Une transparence mise en doute
Le Parti du peuple a demandé la publication immédiate des procès-verbaux de chaque bureau de vote et des rapports officiels. Selon lui, un recomptage ne changerait peut-être pas l’issue, mais il permettrait de lever les doutes et de restaurer la confiance. En refusant cette option, la CE s’expose à des accusations de partialité.
Des re-votes limités
La Commission a bien ordonné des re-votes dans trois bureaux (Bangkok, Nan et Udon Thani), prévus le 22 février. Mais cette mesure ciblée ne suffit pas à calmer les critiques, notamment à Chon Buri où les électeurs réclament davantage de transparence.
Un climat politique tendu
Le refus de recomptage intervient alors que les résultats définitifs ne sont pas encore certifiés. Le processus peut durer jusqu’à 60 jours et ce délai sert justement aux éventuels recomptages. En attendant, Anutin Charnvirakul et son parti Bhumjaithai, arrivés en tête avec 193 sièges, mènent les discussions pour former une coalition.
En refusant le recomptage, la CE prend le risque de fragiliser encore la confiance des citoyens dans le processus électoral. Dans un pays marqué par des décennies de coups d’État et de dissolutions de partis, la transparence des scrutins rassurait les citoyens, ce n’est plus le cas.
Mais tout ceci n’est pas le plus grave.
En effet, de nouveaux scandales se préparent. Tout d’abord, la Commission électorale affirme vouloir porter plainte contre les citoyens qui la critiquent.
Pire, selon une source partisane, certains scrutateurs auraient été achetés par des candidats pour manipuler le dépouillement dans plusieurs bureaux de vote, notamment en zones rurales. Les pratiques décrites incluent l’ajout de bulletins en faveur de candidats « voyous », la destruction de documents officiels ou le remplacement de bulletins comptés par des faux.
Ces scrutateurs auraient reçu entre 20 000 et 30 000 bahts chacun, avec des primes pouvant atteindre 50 000 bahts en cas de victoire. Cette méthode coûterait bien moins cher que l’achat massif de votes auprès des électeurs, estimé entre 30 et 50 millions de bahts par circonscription. À ce stade, ces accusations manquent de preuves.



