Matériel abandonné par les soldats cambodgiens.
Un soldat thaïlandais a perdu sa jambe gauche après avoir marché sur une mine antipersonnel lors d’une mission de sécurité dans le district de Kantharalak, province de Sisaket, a annoncé l’armée mercredi. L’incident s’est produit le 11 février vers 16h40, alors que l’unité du 132e bataillon d’infanterie menait une opération de déminage et de sécurisation d’une base.
Le soldat de première classe Pariwat Meemana, 23 ans, a également été gravement blessé à la jambe droite. Il a été évacué vers l’hôpital de Surin où il reçoit des soins intensifs. Deux autres militaires, le sergent-major Pramote Deephak et le soldat Jakrapong Phomuang, 20 ans, ont subi des blessures légères et sont hospitalisés à Kantharalak.
Quelques heures plus tard, la marine thaïlandaise a accusé les troupes cambodgiennes d’avoir posé une mine antipersonnel sur le territoire thaïlandais, dans le district de Muang, province de Trat. Selon le porte-parole de la marine, le contre-amiral Parach Rattanachaipan, une équipe de déminage a découvert une mine MBV-78A2 ainsi qu’un important stock de munitions abandonné par des soldats cambodgiens dans des tranchées de Ban Nong Ree.
Les munitions saisies comprenaient notamment 30 obus de 75 mm, une grenade, plus de 1 700 cartouches de calibre 12,7 mm, ainsi que des pièces d’armement lourd. Les tranchées avaient été reprises par les forces thaïlandaises après de violents combats en décembre.
Le porte-parole a dénoncé une violation flagrante de la Convention d’Ottawa, qui interdit l’usage des mines antipersonnel, et a accusé Phnom Penh de mettre en danger les populations frontalières. Trois avant-postes cambodgiens auraient été découverts dans la zone, occupés illégalement avant d’être reconquis par l’armée thaïlandaise.
Cet incident risque d’attiser les tensions déjà vives entre Bangkok et Phnom Penh, sur fond de litiges territoriaux et de confrontations militaires récentes. On ne sait pas si ces mines ont été plantées avant ou après le dernier accord de cessez-le-feu. La même question se pose pour le matériel abandonné.



