
La Banque de Thaïlande vient de lancer un nouveau programme de restructuration baptisé Clear Debt, Move Forward, destiné à alléger le poids de l’endettement des ménages. L’initiative, ouverte aux inscriptions depuis le 8 janvier, cible les particuliers dont les prêts non performants (NPLs) ne dépassent pas 100 000 bahts, tous types de crédits confondus.
Ce dispositif, élaboré en partenariat avec le ministère des Finances et les institutions bancaires, se veut une réponse à un problème devenu chronique : la dette des ménages représente aujourd’hui près de 87 % du PIB, un niveau parmi les plus élevés de la région. Les autorités espèrent ainsi aider 1,2 million d’emprunteurs, soit 1,6 million de comptes en défaut, pour un montant total estimé à 43 milliards de bahts.
Concrètement, Sukhumvit Asset Management (SAM) rachète les créances non garanties auprès des banques et les restructure selon des conditions plus souples. Les emprunteurs peuvent choisir entre un remboursement immédiat partiel pour solder leur dette ou un étalement sur trois ans sans intérêts. Dans certains cas, des réductions de capital ou des annulations de frais et intérêts accumulés sont prévues, à condition de respecter le plan de paiement.
L’objectif affiché est double : permettre aux petits débiteurs de sortir du cycle infernal du surendettement et leur redonner accès au système financier formel. La Banque de Thaïlande insiste sur l’importance de restaurer la confiance et d’améliorer les dossiers de crédit auprès du National Credit Bureau, afin de faciliter l’obtention de nouveaux prêts dans le futur.
Reste que ce plan s’ajoute à une longue série de mesures similaires, souvent critiquées pour leur efficacité limitée. Les précédents dispositifs ont permis de soulager temporairement certains ménages, sans pour autant enrayer la tendance structurelle à l’endettement, alimentée par des revenus stagnants, un coût de la vie élevé et une dépendance accrue au crédit à la consommation.
En lançant Clear Debt, Move Forward, les autorités espèrent cette fois frapper plus fort, en ciblant massivement les petits emprunteurs qui représentent 60 % des NPLs. Mais la question demeure : ce nouvel effort sera‑t‑il suffisant pour briser le cercle vicieux de l’endettement des ménages thaïlandais ?


