
Lors d’une réunion à Genève dans le cadre de la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel, le ministre thaïlandais des Affaires étrangères, Maris Sangiampongsa, a exprimé ses vives inquiétudes face aux violations répétées du cessez-le-feu par le Cambodge et à l’usage persistant de mines antipersonnel le long de la frontière. Il s’est entretenu avec Mirjana Spoljaric Egger, présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), à qui il a présenté des preuves de ces infractions, en soulignant leur non-conformité avec la Convention d’Ottawa.
Le ministre a également dénoncé des abus présumés commis par le Cambodge, tels que l’utilisation de civils comme boucliers humains et la diffusion de fausses informations, qu’il considère comme des violations flagrantes du droit international. Il a réaffirmé que la Thaïlande respecte scrupuleusement la Charte des Nations Unies et privilégie les voies diplomatiques officielles pour répondre à ces provocations.
Maris a informé le CICR d’un nouvel incident survenu la veille sur le territoire thaïlandais, où un soldat a perdu une jambe après avoir marché sur une mine. Malgré les demandes répétées de Bangkok pour que Phnom Penh respecte les accords internationaux, aucune coopération n’a été observée. En réponse, la Thaïlande a déposé des protestations officielles auprès des organisations internationales concernées.
Le CICR a salué l’approche factuelle de la Thaïlande pour contrer la désinformation, affirmant que la communauté internationale soutient activement cette stratégie. Maris a également rappelé le rôle humanitaire joué par son pays dans le passé, notamment l’accueil de réfugiés cambodgiens dans le camp de Ban Nong Chan.
Sur le terrain, le Centre des opérations spéciales pour la gestion des situations frontalières (SOC-TCBSM) indique qu’aucun affrontement n’a été signalé dans les onze zones frontalières surveillées, mais que les forces thaïlandaises restent en alerte maximale. Le général Boonsin Padklang, commandant de la Deuxième région militaire, a averti que le risque d’escalade militaire est désormais évalué à « cinquante-cinquante » après le dernier incident lié aux mines.
Cependant, samedi, le major-général Winthai Suvaree, porte-parole de l’Armée royale thaïlandaise (RTA), a réaffirmé que les soldats thaïlandais avaient reçu l’ordre de tirer sur des soldats cambodgiens qui poseraient des mines terrestres malgré le risque d’escalade que cela comporte.