
Le 31 janvier 1976, une loi historique était promulguée : pour la première fois, les Français établis hors du territoire national pouvaient participer aux élections présidentielles et référendaires. L’année suivante, ce droit fut étendu aux élections européennes.
Cette avancée fut le fruit d’un long combat mené par des associations de Français de l’étranger et relayé au Parlement par plusieurs élus, notamment Jean-Pierre Fourcade, alors ministre de l’Économie et des Finances. Robert Boulin (ministre délégué auprès du Premier ministre, puis ministre du Travail) et Jean Lecanuet (sénateur, président du Centre des démocrates sociaux) ont défendu le principe d’une citoyenneté active au-delà des frontières, en lien avec les associations de Français de l’étranger.
Mais les partisans de la réforme rappelaient qu’un Français reste citoyen, où qu’il vive. Et que l’expérience internationale apporte souvent un regard comparatif précieux. “Ce n’est pas parce qu’on n’habite pas en France qu’on n’a rien à dire sur la France”, résumaient les associations à l’époque.
L’ASFE (Alliance Solidaire des Français de l’Étranger) rappelle que cette adoption fut le fruit d’un long processus associatif et politique, avec une mobilisation importante des expatriés pour obtenir une reconnaissance pleine de leurs droits .
Depuis, les Français de l’étranger votent à toutes les grandes échéances : présidentielles, législatives, référendums, européennes, mais aussi locales avec l’élection des Conseillers des Français de l’étranger, qui désignent ensuite les sénateurs représentant la diaspora.
Pourtant, la participation reste faible. Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
- Présidentielle 2017 (2e tour) : 46 % de participation (contre 74,5 % en France).
- Consulaires 2021 : 15 % (contre 42 % aux municipales en France).
- Présidentielle 2022 (2e tour) : 40 % (contre 72 % en France).
- Législatives 2022 (2e tour) : 25 % (contre 46 % en France).
- Européennes 2024 : 17 % (contre 51,5 % en France).
- Législatives 2024 (2e tour) : 38 % (contre 67 % en France).
Ces écarts montrent que, malgré le droit acquis, beaucoup de Français de l’étranger ne se déplacent pas aux urnes. Les raisons sont multiples : contraintes logistiques, manque d’information, sentiment d’éloignement.
La prochaine échéance, en mai 2026, sera l’élection des Conseillers des Français de l’étranger. Un scrutin souvent méconnu, mais essentiel, car ces élus de proximité jouent un rôle direct dans la représentation des expatriés et participent à l’élection des sénateurs.
Lors des élections consulaires de mai 2021 en Thaïlande et Birmanie, quatre conseillers ont été élus, représentant différentes sensibilités politiques. Les résultats ont montré une forte diversité, avec une participation relativement faible mais des listes actives.
Claude Bauchet et Thatsanavanh Banchong, remplacée depuis par Marc Laval, élus sur la liste Solidarité, écologie et démocratie (653 voix).
Christian Chevrier élu sur la liste Union de la droite et du centre pour la défense des intérêts des Français de Thaïlande et de Birmanie.
Eric Miné élu sur la liste Rassemblement national Thaïlande-Birmanie (409 voix).
La proclamation officielle a eu lieu le 30 mai 2021 à l’ambassade de France en Thaïlande, en présence de l’ambassadeur Thierry Mathou.
Cinquante ans après la loi de 1976, le message reste d’actualité : voter n’est pas seulement un droit, c’est une manière de signifier son lien à la France, même à des milliers de kilomètres.



