Qui aurait envie de se baigner à Jomtien ?
La station balnéaire de Jomtien, au sud de Pattaya, a été secouée cette semaine par un scandale environnemental. Lundi, une large nappe noire s’est répandue dans la mer, issue d’un conduit de drainage en travaux. Les images, diffusées sur les réseaux sociaux, ont rapidement suscité l’indignation des habitants et des touristes.
Le maire de Pattaya, Poramet Ngampichet, a confirmé que l’entreprise Dynamic Group Ltd, chargée d’améliorer le système de drainage et de construire des bassins de rétention, avait rejeté des eaux usées directement dans la mer. Au lieu de diriger les eaux contaminées vers le système de traitement prévu, le prestataire a creusé des fosses dans le sable et laissé s’écouler une partie du liquide dans l’océan. Résultat : une eau littorale soudainement teintée de noir, ternissant l’image touristique de Jomtien.
Les autorités locales ont suspendu le chantier et déposé plainte auprès de la police. Des prélèvements d’eau ont été effectués pour mesurer l’impact sur la qualité marine. Le Département des ressources marines et côtières (DMCR) a ouvert une enquête, son directeur général Pinsak Suraswadi ordonnant une inspection immédiate.
Cette affaire survient alors que le DMCR est déjà mobilisé sur un autre dossier : la destruction d’un récif corallien au large de Racha Island, près de Phuket. Un pétrolier y a jeté l’ancre illégalement, endommageant une large zone de coraux protégés. Les plongeurs envoyés sur place ont confirmé l’ampleur des dégâts et recueilli des preuves pour engager des poursuites contre le propriétaire du navire.
Ces deux incidents illustrent les défis auxquels la Thaïlande est confrontée : concilier développement économique et protection de ses écosystèmes marins. À Jomtien, la pollution temporaire a été résorbée, mais l’image de la station balnéaire reste entachée. À Racha Island, les dégâts sur les coraux sont durables et mettent en péril la biodiversité locale.
Les autorités promettent des sanctions exemplaires et rappellent que les coraux sont classés comme espèces protégées par la loi de 2019 sur la préservation de la faune sauvage. Toute atteinte à ces écosystèmes est passible de lourdes peines.
Pour les habitants et les acteurs du tourisme, ces affaires sont un signal d’alarme. Ils réclament un contrôle plus strict des entreprises et des navires, afin d’éviter que la mer, ressource vitale et vitrine touristique, ne soit sacrifiée au profit de pratiques négligentes.



