
La Thaïlande met en avant une institution prestigieuse et mondialement reconnue : la Mae Fah Luang Foundation under Royal Patronage, fondée à l’initiative de la Princesse Mère, c’est-à-dire la mère du roi Bumibol, Rama IX, et donc la grand-mère du roi actuel, Rama X. Depuis près de quarante ans, cette organisation incarne une approche unique de la conservation, alliant protection des forêts et développement humain. Son projet phare, le Doi Tung Development Project à Chiang Rai, a permis de restaurer plus de 90 % du couvert forestier, suivant la philosophie royale de « planter des forêts, planter des hommes ».
En 2025, la fondation a franchi une nouvelle étape en élargissant son action au-delà de Doi Tung, vers les forêts communautaires et les mangroves à travers tout le pays. L’objectif est ambitieux : bâtir une base de données nationale sur la biodiversité, en utilisant des outils de pointe comme la bioacoustique, l’intelligence artificielle et l’ADN environnemental (eDNA). Ces technologies permettent de détecter des espèces rares, parfois jamais recensées, et de mesurer l’impact réel de la restauration écologique.
La renommée royale de la fondation lui confère une légitimité particulière. Elle participe désormais à la mise en œuvre de la Stratégie nationale pour la biodiversité 2023-2027, en collaboration avec les ministères et agences publiques. Ses travaux ne se limitent pas à la recherche scientifique : ils influencent directement les politiques nationales, en matière de crédits carbone, de financement de la biodiversité et de sensibilisation des jeunes générations.
À l’international, la reconnaissance est tout aussi forte. L’Université nationale de Singapour (NUS), référence mondiale en recherche sur les écosystèmes tropicaux, a choisi Doi Tung comme site d’étude. Le premier BioBlitz organisé en octobre 2025 a révélé plus de 30 espèces d’oiseaux et de chauves-souris grâce à des enregistrements continus, ainsi que des traces génétiques d’animaux rares. La découverte d’un jeune shama à croupion blanc, oiseau menacé en Asie du Sud-Est, illustre la richesse retrouvée de ces forêts.
Au-delà des chiffres, la fondation incarne une vision royale et communautaire : replacer les habitants au cœur de la conservation. Les villageois participent aux relevés, partagent leurs savoirs traditionnels et deviennent les gardiens de leur environnement. Cette alliance entre science, monarchie et communautés fait de la Mae Fah Luang Foundation un modèle international, capable d’action concrète pour l’avenir de la planète.



