
MàJ. Mardi soir, on apprenait que l’armée thaïlandaise a riposté avec un tir de M79 après qu’une grenade de 40 mm a été tirée par le Cambodge près d’une patrouille thaïlandaise à Si Sa Ket. Aucun blessé n’a été signalé.
Bangkok/Phnom Penh — Les relations entre la Thaïlande et le Cambodge connaissent un nouvel épisode de crispation. Le ministre thaïlandais de la Défense, le général Natthaphon Narkphanit, a exprimé ses inquiétudes après avoir constaté des feux de forêt ou de brousse déclenchés par des soldats cambodgiens près de la frontière. Selon lui, ces incendies, signalés le 23 février, risquent de se propager en territoire thaïlandais et d’aggraver les tensions déjà vives entre les deux pays.
La Thaïlande avait déjà dénoncé la présence de mines terrestres dans les zones frontalières. Les feux viennent s’ajouter à cette liste de différends. Pour Natthaphon, si Phnom Penh souhaite réellement apaiser les relations bilatérales, de telles pratiques sont contre-productives. Malgré les avertissements répétés, les incendies persistent, poussant Bangkok à renouveler ses protestations.
Le ministre thaïlandais a également rejeté les accusations selon lesquelles un soldat cambodgien aurait été abattu par des troupes thaïlandaises. Il a affirmé qu’aucune preuve ne corroborait cette version et que la Thaïlande avait officiellement contesté ces allégations. Dans le même temps, il a insisté sur la nécessité de renforcer la sécurité le long de la frontière.
Parmi les mesures envisagées : le maintien des déploiements militaires, malgré leur coût financier à long terme, et la construction de clôtures permanentes, incluant des barrières électroniques et des caméras de surveillance dans des zones sensibles comme Ban Khlong Luek et Thmor Da. Natthaphon a aussi suggéré de transformer certaines portions de la frontière en sites touristiques ou mémoriaux, afin d’encourager une surveillance civile. Autre proposition : la création de villages de défense animés par des vétérans, pour réduire progressivement la dépendance aux troupes régulières.
Ces tensions terrestres s’ajoutent à un différend maritime. Le 22 février, la marine thaïlandaise a intercepté un bateau de pêche cambodgien dans les eaux de Trat. Trois marins ont été arrêtés, sans papiers ni autorisations, avec deux caisses de calmars frais à bord. Les autorités thaïlandaises affirment que l’embarcation se trouvait dans leurs eaux territoriales et ont engagé des poursuites conformément à la loi.
Phnom Penh conteste cette version. Le ministère cambodgien des Affaires étrangères a dénoncé une “incursion non autorisée” et exigé la libération immédiate des pêcheurs ainsi que la restitution du bateau. Selon son communiqué, l’arrestation a eu lieu à 7,2 milles nautiques de Koh Yor, en pleine zone maritime cambodgienne. Pour le Cambodge, il s’agit d’une violation flagrante de sa souveraineté et du droit international.
Cette affaire illustre la fragilité des relations bilatérales. Les différends frontaliers, qu’ils soient terrestres ou maritimes, ravivent régulièrement les tensions entre Bangkok et Phnom Penh. Au-delà du sort des trois pêcheurs, le Cambodge entend défendre son intégrité territoriale face à ce qu’il considère comme des incursions répétées.



