
Un drame survenu à l’hôpital provincial de Roi Et a ravivé les inquiétudes sur les conditions de travail des soignants en Thaïlande. Yuparak Sukwandee, infirmière de 30 ans, est décédée d’un arrêt cardiaque dimanche soir alors qu’elle assurait un service de nuit. L’établissement a publié un message de condoléances sur les réseaux sociaux, déclenchant une vague d’émotion et de débats dans tout le royaume.
L’Association des infirmières de Thaïlande demande désormais au gouvernement d’accélérer l’adoption d’une loi de protection du personnel de santé. Le texte vise à garantir des horaires équitables, un meilleur accès aux congés maladie et des mesures de sécurité renforcées. « Ce n’est pas seulement une perte tragique pour sa famille et ses collègues, mais une blessure infligée au système de santé thaïlandais », a déclaré le Dr Wiwat Laochai, membre du comité exécutif de l’association.
Il souligne que de nombreuses infirmières continuent de travailler malgré la fatigue ou la maladie, faute de personnel suffisant. Les gardes de nuit sont particulièrement éprouvantes : décisions critiques, urgences à gérer, coordination des soins… souvent avec peu de moyens et sans véritable repos. Yuparak, qui se sentait déjà mal, aurait choisi de poursuivre son service pour ne pas abandonner ses patients. Une abnégation saluée, mais que l’association refuse de voir normalisée.
Les syndicats réclament une révision complète de la gestion des effectifs dans les hôpitaux publics : ratios adaptés entre infirmières et patients, limitation des heures supplémentaires, soutien psychologique et physique pour les équipes de nuit. Actuellement, les infirmières doivent assurer au moins 80 heures d’heures supplémentaires par mois, parfois bien plus dans les établissements en sous-effectif. Ainsi, dans les hôpitaux, personne ne travaille moins de 60 heures par semaine.
Plus de 20 000 signatures soutiennent déjà le projet de loi, déposé au Parlement. Le ministre de la Santé, Pattana Promphat, a présenté ses condoléances et annoncé une enquête pour déterminer si la jeune infirmière souffrait de problèmes médicaux préexistants. Il assure que des réformes sont en cours, avec l’introduction de nouvelles technologies, des ajustements de revenus et un cadre réglementaire spécifique pour le personnel de santé.
Même si Pattana était de santé fragile, le problème des horaires insupportables n’en demeure pas moins très grave
Pour les soignants, l’urgence est claire : sans changement structurel, d’autres drames risquent de se répéter.
Pour les géants hospitaliers aux milliards d’euros de revenus, l’urgence est claire : exploiter davantage le personnel afin de maximiser leurs profits.


