
La Fédération des industries thaïlandaises a annoncé une hausse de 8,6 % de la production automobile en décembre 2025 par rapport à l’année précédente. Cette progression contraste avec le léger recul de 0,9 % enregistré sur l’ensemble de l’année, soit 1,455 million de véhicules produits. Pour 2026, les prévisions tablent sur une croissance de 3 %, avec un objectif de 1,5 million d’unités, dont 550 000 destinées au marché intérieur.
La Thaïlande reste le premier centre de production automobile d’Asie du Sud-Est, servant de base d’exportation pour des géants comme Toyota et Honda. Mais ce sont les ventes domestiques qui impressionnent : elles ont bondi de 39 % en décembre et progressé de 8,5 % sur l’année, atteignant plus de 621 000 unités.
Le véritable moteur de cette dynamique est le marché des véhicules électriques (EV). En 2025, les immatriculations ont atteint un record historique de 118 490 unités. Les marques chinoises dominent : BYD arrive en tête avec 44 636 immatriculations (+65 %), suivie de MG (23 005, +32 %) et GWM (14 263, +79 %). BYD, qui a vendu près de 50 000 véhicules au total, a annoncé une hausse des prix de plusieurs modèles assemblés en Thaïlande, comme l’Atto 3 et le Dolphin, en raison de la fin des subventions EV 3.0.
Chez GWM, la berline électrique ORA Good Cat, produite en Thaïlande depuis quatre ans, a cessé d’être fabriquée fin 2025. Les stocks ont été écoulés, et le constructeur prépare le lancement de l’ORA 5 SUV électrique en mars 2026. Ce modèle, doté de batteries LFP de 63 à 83 kWh, promet une autonomie de 555 à 705 km selon les versions.
Si les citadins aisés achètent plus de véhicules électriques, les modestes campagnards ont du mal à acquérir des pick-up. Selon une étude de ttb analytics, les ventes domestiques de pick-up en Thaïlande devraient chuter à 171 000 unités en 2026, soit leur plus bas niveau en 24 ans et une contraction de 7 % sur un an. Cette baisse s’explique par la fragilité du pouvoir d’achat des ménages, l’endettement élevé, le durcissement des prêts automobiles et l’évolution des comportements des consommateurs. Les hausses de prix et la nouvelle taxe basée sur les émissions de CO₂ accentuent la pression. Les constructeurs doivent désormais adapter leurs stratégies : proposer des modèles plus abordables, faciliter le financement et investir dans des technologies à faibles émissions.
Les exportations, elles, restent en retrait : malgré une hausse de 11 % en décembre, elles ont reculé de 8 % sur l’année, à 935 750 unités.
En résumé, si les exportations souffrent, le marché intérieur, dopé par l’essor des véhicules électriques, tire la production vers le haut. La Thaïlande confirme son rôle de hub régional, mais la compétition entre constructeurs japonais et chinois s’intensifie, avec ces derniers en position de force sur le segment EV.


