
Le gouvernement thaïlandais a confirmé qu’aucun nouveau travailleur migrant cambodgien ne sera autorisé à entrer dans le pays, invoquant des préoccupations de sécurité. Cette décision intervient malgré les pressions du secteur privé, qui alerte sur une pénurie de main-d’œuvre risquant d’affaiblir la compétitivité nationale.
Une décision politique sensible
La ministre du Travail, Treenuch Thienthong, s’est exprimée après une réunion avec le Comité permanent du commerce, de l’industrie et de la banque. Elle a reconnu les inquiétudes des entreprises, mais a insisté sur la nécessité de préserver la sécurité nationale, rappelant que les tensions frontalières entre la Thaïlande et le Cambodge en 2025 avaient déjà rendu le sujet explosif.
Cinq principes pour encadrer les travailleurs déjà présents
Le ministère du Travail a réaffirmé cinq lignes directrices :
- Écouter les préoccupations du secteur privé concernant la pénurie de main-d’œuvre.
- Refuser l’entrée de nouveaux travailleurs cambodgiens et se concentrer sur ceux déjà présents légalement.
- Exiger que tous les travailleurs soient enregistrés et disposent d’une certification claire de leur employeur.
- Garantir que chaque mesure respecte les impératifs de sécurité nationale, en coordination avec les agences compétentes.
- Mettre en place un suivi strict et continu par le Département de l’emploi pour réguler la présence des migrants.
Le dilemme économique
Les entreprises, notamment dans l’agriculture, la construction et l’industrie, s’inquiètent d’un manque de main-d’œuvre qui pourrait ralentir la production et fragiliser les exportations. Les travailleurs cambodgiens représentent traditionnellement une part importante de la force de travail étrangère en Thaïlande. Leur absence pourrait accentuer les tensions sur le marché du travail et pousser certains employeurs à chercher des alternatives plus coûteuses.
Entre sécurité et compétitivité
Le gouvernement insiste sur la priorité donnée à la sécurité nationale, mais doit aussi composer avec les besoins économiques. À l’approche de la haute saison touristique et des récoltes agricoles, la question de la main-d’œuvre étrangère reste cruciale.
Pour l’instant, Bangkok privilégie la régulation des travailleurs déjà présents plutôt que l’ouverture de nouvelles arrivées. Une stratégie qui reflète la volonté de contrôler les flux migratoires dans un contexte régional marqué par l’instabilité.
Il convient de rappeler que les travailleurs migrants cambodgiens ne soutiennent que très rarement les dérapages de Hun Sen.



