
La guerre qui oppose désormais les États‑Unis et Israël à l’Iran a poussé la Thaïlande à prendre des mesures d’urgence pour protéger ses ressortissants. L’ambassade thaïlandaise à Téhéran va fermer ses portes et rouvrir temporairement le 10 mars dans la ville turque de Van. Un centre d’accueil pour les citoyens thaïlandais sera installé dès le 7 mars à l’hôtel Elite World Van, afin de servir de refuge aux personnes quittant l’Iran.
Le ministère des Affaires étrangères a indiqué que 125 Thaïlandais ont demandé leur rapatriement. Deux convois terrestres sont prévus : le premier, composé de 69 personnes, partira le 7 mars vers Van, suivi d’un second groupe de 56 le 10 mars. Les autorités thaïlandaises en Turquie organiseront leur hébergement provisoire avant un retour en avion vers Bangkok dans les deux à trois jours.
Cette décision intervient alors que la situation régionale se dégrade rapidement. Plusieurs pays, dont l’Iran, Israël, la Syrie, l’Irak, Bahreïn, le Koweït et le Qatar, ont fermé leur espace aérien. Seuls l’Arabie saoudite, Oman et la Jordanie restent ouverts et servent de couloirs d’évacuation. Pour l’heure, aucun ressortissant thaïlandais n’a été blessé, mais les autorités exhortent ceux qui vivent dans des zones à risque à partir sans délai et à enregistrer leurs coordonnées auprès des ambassades.
Sur le plan énergétique, l’Autorité de production d’électricité de Thaïlande (EGAT) suit de près les conséquences du conflit sur les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) transitant par le détroit d’Hormuz. Si la production électrique n’est pas encore affectée, l’agence a déjà diversifié ses sources d’approvisionnement et prévoit de renforcer l’activité de la centrale au charbon de Mae Moh, tout en augmentant la part de l’hydroélectricité et des achats internationaux.
EGAT appelle également la population à réduire sa consommation grâce aux « 5 P » : éteindre, ajuster, débrancher, changer et planter. L’objectif est de limiter la dépendance aux combustibles importés et de maintenir la stabilité des coûts.
Entre évacuations diplomatiques et vigilance énergétique, la Thaïlande tente de protéger ses citoyens et de sécuriser ses ressources face à un conflit qui s’étend et menace l’équilibre régional.



