
Résultats définitifs attendus demain
Les premières tendances du scrutin général du 8 février en Thaïlande placent le Bumjaithai Party (BJT) du Premier ministre par intérim Anutin Charnvirakul, largement en tête. Dimanche soir, alors que le dépouillement se poursuivait, les chiffres provisoires de la Commission électorale (EC) donnaient au parti une avance confortable sur ses rivaux.
À 21h54, le tableau de suivi de l’EC indiquait que Bumjaithai était en passe de remporter 178 sièges de députés de circonscription, contre 70 pour le People’s Party, 67 pour Pheu Thai et 59 pour le Klatham Party. Le dépouillement n’était toutefois achevé qu’à 31 %. À la proportionnelle, le People’s Party menait avec 2,16 millions de voix, suivi de Bumjaithai (1,66 million) et Pheu Thai (1,54 million).
Un responsable de Bumjaithai a confié que le parti était « probablement en train de gagner l’élection générale », devant ses principaux concurrents. Les projections suggèrent qu’une coalition réunissant Bumjaithai, Pheu Thai et Klatham pourrait dépasser les 300 députés, assurant une majorité stable pour former le prochain gouvernement. La chambre compte 500 députés, ainsi, quoique vainqueur, le Bumjaithai n’atteint pas la majorité absolue et devra constituer une coalition.
Concessions et réactions des partis rivaux
Le leader du People’s Party, Natthaphong Ruengpanyawut, a reconnu dès dimanche soir qu’il était improbable que son parti l’emporte. « Nous serons dans l’opposition, car j’ai déjà dit que je ne voterai pas pour que Bumjaithai dirige le prochain gouvernement », a-t-il déclaré.
Du côté de Pheu Thai, son candidat au poste de Premier ministre, Yodchanan Wongsawat, a remercié les électeurs et assuré que le parti « sera prêt à jouer son rôle de manière responsable, quel que soit le résultat final ». Il a insisté sur le fait que les votes reçus constituaient un soutien moral et qu’il fallait attendre la fin du dépouillement avant de tirer des conclusions.
Le Democrat Party, mené par Abhisit Vejjajiva, a pour sa part estimé qu’il pourrait obtenir environ 20 sièges, soit davantage qu’en 2023, notamment grâce à un bon score dans le Sud.
Les promesses de Bumjaithai
Si la victoire se confirme, Bumjaithai mettra en avant son programme économique centré sur la réduction du coût de la vie et la résolution de la dette des ménages. Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Ekniti Nitithanprapas, pressenti comme chef de file économique du futur gouvernement, a déjà détaillé plusieurs mesures, dont des dispositifs d’allègement de la dette et des aides ciblées pour les familles.
Anutin Charnvirakul a lui-même déclaré que son parti avait reçu un « signal clair » pour gouverner et qu’il veillerait à « prendre soin de tous les Thaïlandais ». Il a insisté sur le rôle central du nationalisme, qui implique un alignement sur l’armée, dans la ligne politique de Bumjaithai.
Prudence avant l’annonce officielle
Malgré l’avance nette du Bumjaithai, les résultats restent provisoires. Le dépouillement n’étant pas terminé, la Commission électorale doit publier les chiffres définitifs lundi. Les observateurs estiment que les ajustements ne devraient concerner que des marges limitées, sans remettre en cause la tendance générale.
C’est un vrai revers pour les progressistes dont les partis sont systématiquement dissous et dont les dirigeants sont régulièrement bannis de la vie politique par la « justice ».
Cependant, les Thaïlandais ont répondu oui au référendum, ouvrant la voie à une nouvelle constitution qui ne sera sans doute que peu modifiée, puisque le Bumjaithai, proche de l’armée, a gagné les élections législatives.



