RQ21A
Les affrontements à la frontière thaïlando‑cambodgienne poussent Bangkok à revoir en profondeur son plan d’armement pour l’exercice 2027. Objectif affiché : renforcer massivement les capacités en drones et systèmes anti‑drones, tout en misant sur une production nationale pour réduire la dépendance extérieure.
Depuis plusieurs mois, les forces thaïlandaises font face à des attaques répétées de drones cambodgiens, parfois utilisés en essaim ou en mode kamikaze. Certains appareils ont même pénétré plus profondément sur le territoire, visant des infrastructures sensibles, comme des dépôts d’armes, des aéroports ou des plateformes pétrolières dans le golfe de Thaïlande. Si un cessez‑le‑feu est plus ou moins respecté, les militaires estiment qu’aucune stabilité durable n’est garantie.
Le quartier général des forces armées a confirmé que toutes les branches – armée de terre, marine, armée de l’air et police – travaillent désormais sur des doctrines intégrées pour l’usage des drones (UAS) et la lutte anti‑drones (C‑UAS). Des partenariats sont en cours avec des entreprises locales et des universités afin de développer des drones offensifs, des systèmes de brouillage et des bunkers renforcés en béton ultra‑résistant pour protéger les troupes en première ligne.
L’armée de terre prévoit un centre de guerre des drones et un bataillon spécialisé, avec des essais opérationnels programmés jusqu’en mars 2026. Elle distingue cinq catégories d’UAV, du grand drone de frappe à l’unité micro destinée aux missions de contre‑drone. La marine, de son côté, utilise déjà le Camcopter S‑100 et le RQ‑21A Blackjack pour la surveillance maritime, et développe des capacités de défense autour de ses bases stratégiques.
L’armée de l’air s’appuie sur un plan de développement de 25 ans, combinant achats, coopération internationale et intégration dans un système de défense aérienne global. La police nationale élargit aussi son arsenal, avec des drones pour la sécurité VIP, la reconnaissance et des véhicules équipés de systèmes anti‑drones déployés dans tout le pays.
Le Conseil de sécurité nationale a lancé une phase urgente pour créer un comité de gestion des drones dans le mois, suivie d’un centre national dédié dans les six mois. Pour les autorités, la leçon est claire : la prochaine décennie sera celle d’une guerre totale des drones, et l’autonomie industrielle est désormais considérée comme la clé de la sécurité du royaume.



