
Les équipes du Thailand Mine Action Center (TMAC) annoncent avoir sécurisé la majeure partie de la zone de Ban Thai Niyom (Chong Hew), dans la province de Surin, théâtre de tensions frontalières avec le Cambodge. Depuis novembre, 85 % du terrain a été déminé, soit près de 19 400 m², et 124 engins explosifs ont été détectés.
Parmi eux, 17 mines antipersonnel et plus d’une centaine de grenades non explosées. Les opérations, menées par la 4e unité humanitaire de déminage avec l’appui du 263e bataillon d’infanterie, visent à restaurer la sécurité et la confiance des habitants. L’objectif est de transformer la zone en secteur « sûr » le long de la frontière.
Mais ce progrès militaire intervient dans un climat diplomatique tendu. Le ministre thaïlandais des Affaires étrangères, Sihasak Phuangketkaew, a dénoncé lundi des « interférences non constructives » de la part de Phnom Penh. En cause : un post Facebook du ministre cambodgien Keo Remy, qui liait l’issue des élections thaïlandaises au risque d’un nouveau conflit frontalier.
Sihasak a rappelé que la trêve actuelle reste fragile et que les deux pays doivent éviter toute provocation. Il a reconnu que le Cambodge avait déjà exprimé des regrets après des tirs transfrontaliers, mais a jugé inacceptable que des responsables politiques commentent la scène intérieure thaïlandaise.
Rangsiman Rome, vice‑chef du People’s Party thaïlandais, accuse Hun Sen d’utiliser une tactique politique « minable » pour influencer la politique thaïlandaise. En se prononçant pour l’opposition thaïlandaise, Hun Sen sait qu’il lui nuit, car les Thaïlandais ne voteront pas pour le favori de Hun Sen. Ainsi, que le Cambodge dise souhaiter la victoire du Parti du Peuple est la preuve qu’il veut sa perte. Hun Sen redouterait particulièrement la montée du People’s Party, soutenu par une jeunesse thaïlandaise en quête de changement qui pourrait inspirer les jeunes Cambodgiens.
Sur le terrain, les habitants de Surin espèrent que le déminage permettra enfin de tourner la page des décennies de danger. Sur le plan diplomatique, la stabilité dépendra autant des gestes de coopération que des mots échangés entre Bangkok et Phnom Penh.



