
Dans une affaire que les autorités ont fait (intentionnellement ?) traîner, le lieutenant-général à la retraite Pisan Wattanawongkiri, aujourd’hui député du parti Pheu Thai au pouvoir en Thaïlande, est sur le point d’éviter d’échapper à la justice pour son rôle présumé dans la répression de Tak Bai en 2004. Bien qu’il soit le principal suspect, Pisan fait partie des sept anciens responsables recherchés par la police pour la mort de 78 manifestants musulmans. Les procédures judiciaires approchent de la date d’expiration du 25 octobre.
Ce jour fatidique de 2004, les soldats et la police ont tiré à balles réelles sur des manifestants à Narathiwat, faisant sept morts. Les autorités ont arrêté 1 370 personnes, dont 71 sont ensuite décédées pendant leur transport dans des conditions absolument criminelles. L’affaire a été enterrée pendant 19 ans jusqu’à ce que les survivants et leurs familles demandent justice devant le tribunal cette année. Personne n’explique pourquoi la justice, sous différents gouvernements, n’a jamais cherché à rendre justice aux habitants du Grand Sud.
Malgré l’émission de mandats d’arrêt, Pisan et au moins un autre suspect auraient fui la Thaïlande, invoquant de soins médicaux à l’étranger, ce que personne ne croit. Pisan, qui a servi plus de 15 ans dans cette région du sud, nie avoir ordonné les actes de violence, affirmant des liens personnels avec les victimes.
Les autorités thaïlandaises engagent désormais Interpol pour localiser les suspects en fuite, alors que la procédure ne peut se poursuivre à quelques jours seulement du délai de prescription qui éteint les espoirs de justice dans le drame de Tak Bai.
Il semble peu probable que Pisan revienne en Thaïlande avant le 25 octobre. C’est un affront à la population musulmane du Sud qui pourra se targuer de cette histoire pour justifier les actes de sa propre violence. Le premier ministre en poste à l’époque s’appelait Thaksin Shinawatra.
Phumtham Wechayachai, vice-Premier ministre, a déclaré que le général Phisarn Rattanawongkhiri, député de son parti Pheu Thai, a envoyé un représentant pour soumettre sa lettre de démission, à compter du 14 octobre. S’il n’avait pas démissionné, le Pheu Thai l’aurait exclu.
Le général Phisarn cite un traitement médical en cours comme raison de sa démission, ce qui ne convainc personne. Pour éviter tout impact négatif sur le Pheu Thai, il démissionne du parti et de son poste de député. Une fois son état amélioré, il fournira une explication en personne.