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Le baht pourrait tomber à 35 pour un dollar si le conflit au Moyen-Orient se prolonge, préviennent les analystes du Kasikorn Research Center (K‑Research). La monnaie thaïlandaise, déjà fragilisée par la hausse des prix de l’énergie, est devenue la deuxième plus faible devise de la région après le won sud‑coréen.
Une volatilité accrue
Depuis le début de l’année, le baht a perdu environ 4 % face au dollar et sa volatilité a grimpé à 9 %, contre 7,5–8 % l’an dernier. Burin Adulwattana, économiste en chef de K‑Research, estime que la poursuite du conflit pendant deux mois, avec un baril au‑delà de 100 dollars, accentuerait la pression sur la devise et sur l’économie thaïlandaise.
Impact sur la croissance et l’inflation
Dans ce scénario, la croissance du PIB pourrait reculer de 0,5 point. Nattaporn Triratanasirikul, directrice adjointe de K‑Research, prévoit une croissance annuelle limitée à 1,9 %, soit une baisse de 0,2 à 0,7 point. Le risque de stagflation – combinaison de faible croissance et d’inflation élevée – est désormais évoqué. Le pire scénario, avec un baril dépassant 130 dollars pendant plus de trois mois, ferait exploser l’inflation au‑delà de la cible de 3 % fixée par la Banque de Thaïlande et pourrait paralyser l’économie, déjà atone, en 2026.
Chaîne de répercussions mondiales
La fermeture partielle des routes maritimes dans le détroit d’Ormuz a déjà provoqué une flambée des prix de l’énergie. Les effets se propagent : pénurie de matières premières pour la pétrochimie, hausse des coûts alimentaires, perturbations du commerce et du transport aérien. Pour la Thaïlande, qui dépend fortement des importations d’énergie, la facture s’alourdit rapidement.
Des marges de manœuvre limitées
Contrairement à l’époque de la crise russo‑ukrainienne, le gouvernement thaïlandais dispose de moins de ressources budgétaires pour subventionner les prix de l’énergie. K‑Research recommande des aides ciblées, limitées dans le temps et concentrées sur les ménages les plus vulnérables.
Une devise sous pression
Le renforcement du dollar face aux devises asiatiques accentue les difficultés. Les marchés financiers thaïlandais subissent déjà les effets de cette instabilité, tandis que les banques centrales, confrontées au spectre de la stagflation, pourraient retarder toute baisse des taux d’intérêt.
Cependant, les exportateurs pourraient se féliciter d’un baht enfin moins fort.



