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La saison de l’écobuage vient à peine de commencer et déjà, l’air du Nord de la Thaïlande atteint des niveaux jugés dangereux pour la santé. Vendredi matin, Chiang Mai affichait un indice de qualité de l’air (AQI) de 169 dans le district de Mae On, soit bien au‑delà du seuil « Unhealthy » fixé entre 151 et 200. Le taux de PM2.5 s’élevait samedi à 57 µg/m3 alors que le maximum autorisé en Thaïlande n’est que de 37 (25 en France).
Les relevés en temps réel montrent que la plupart des dix zones les plus polluées du pays se concentrent dans le Nord : Pai (Mae Hong Son), Doi Saket et San Sai (Chiang Mai), ou encore Chiang Rai et Lampang. Partout, les particules fines PM2.5 s’accumulent dans l’atmosphère, conséquence directe des brûlis agricoles et de conditions météorologiques stagnantes.
Chaque année, entre février et avril, les agriculteurs recourent à l’écobuage pour nettoyer les champs et préparer les nouvelles cultures. Cette pratique, profondément ancrée, provoque une hausse brutale des concentrations de particules. Les autorités locales rappellent que l’exposition prolongée peut entraîner irritations des yeux et de la gorge, toux, fatigue et difficultés respiratoires. Les enfants, les personnes âgées et les patients souffrant d’asthme ou d’allergies sont les plus vulnérables.
Face à cette situation, les recommandations sont claires : limiter les activités en extérieur, porter un masque N95 et consulter rapidement un médecin en cas de symptômes. Les habitants sont invités à suivre les bulletins de qualité de l’air disponibles en continu sur les applications spécialisées.
Au‑delà de l’urgence sanitaire, la pollution atmosphérique menace aussi l’image touristique de Chiang Mai, capitale culturelle du Nord. Les autorités provinciales redoutent que la saison des brûlis, désormais perçue comme un fléau annuel, ne décourage les visiteurs.
Le problème n’est pas nouveau. Chaque année, les mêmes scènes se répètent : ciel voilé, montagnes disparues derrière un rideau de fumée, et habitants contraints de vivre masqués. Les campagnes de sensibilisation et les appels à des méthodes agricoles alternatives peinent à enrayer le phénomène.
Alors que les premiers feux se multiplient dans les campagnes, les experts préviennent que la situation pourrait encore s’aggraver dans les semaines à venir. Pour l’instant, le Nord de la Thaïlande entre dans une nouvelle saison de brouillard toxique, avec des conséquences sanitaires et économiques qui s’annoncent lourdes.



